
5 - Résultats du questionnaire Partie 3
Des voutes d'air et des vieilles pierres dans le même ciel
comme la langue parlée et celle écrite pour le même avenir...

Partie 3 – NIVEAU DE BRETON :
7 – IMAGE DE LA LANGUE :
7-1 80% des gens souhaitent que la langue soit préservée ! Pensez-vous que cela arrivera ?

Selon les propos de J FISHMAN dans la thèse de Anna TRESOHLAVÀ (22)
« Les efforts de revitalisation sont souvent freinés par des opinions opposées. Celles-ci peuvent mettre en avant par exemple qu'il s'agit d'efforts passéistes et obsolètes, que la communauté n'a pas besoin de la « langue x » pour se « sentir X », ou encore qu'on n'a pas du tout besoin de se définir comme « X » dans la société contemporaine.
«...Fishman présente ses réactions. Par exemple, le mouvement de revitalisation ne doit pas être forcément obsolète ou traditionnaliste, mais de la sorte : « retrouver un trésor dans le passé pour l'utiliser dans la gestion des problèmes actuels et du futur. » (Fishman 1991 : 3022). On peut argumenter également qu'un mouvement de revitalisation soit raciste ou ethnocentrique. Fishman répond que cela dépend de la vision de la société dominante. Il faut ajouter que dans le temps où les assimilations linguistiques s'effectuaient dans de nombreux lieux, le bilinguisme était considéré comme quelque chose de dangereux, de nuisible. Aujourd'hui, heureusement, les effets bénéfiques du bilinguisme sont largement partagés »
« La question du temps et de la chance de la survie peut également être un des contre arguments.
A peu près comme Kremnitz et Hagège plus haut au sujet de la mort linguistique, Fishman mentionne que, contrairement aux maladies des humains, où nous pouvons parfois vraiment constater qu'il est « trop tard », nous ne pouvons jamais prononcer un tel diagnostique vis-à-vis d'une langue-culture, puisque celle-ci n'a pas de limite présupposée de vie ( Fishman 1991 ). Nous pouvons ajouter ici le fait, fréquemment mis en avant par les sociolinguistes et les militants pour la reconnaissance des langues minorisées, qu'on a souvent prononcé la mort d'une langue comme inévitable il y a plus d'un siècle mais qu'elle existe toujours ( p. ex. Manzano 2003 ).»
22) « Situation socio-linguistique actuelle en Bretagne », Thèse deAnna TRESOHLAVÀ.
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Vos résultats:
OUI:
1) – Il existent des raisons :
- Tout d'abord l'école qui est la plus importante et que vous mentionnez plus d'une fois. C'est donc le contraire aujourd'hui par rapport à l'interdiction que nos parents ont connus et le silence de l'institution que nous avons connu...
- De plus, il y a d'autres raisons telles que la volonté des gens et les technologies que les jeunes utilisent pour s'exprimer en breton..
- Beaucoup de personnes attachent désormais une valeur patrimoniale à la langue..., ce qui donne plus de sens à notre vie...
2) – Mais il y a aussi des conditions :
- D'abord, les gens devraient adopter une attitude plus réelle vis-à-vis de la langue afin de l'aider...
- Puis, il est nécessaire au monde politique d'engager une action bien plus sérieuse que celle qu'il pratique aujourd'hui...
- Et, il ne faut pas oublier que la France doit changer sa façon de penser et faire des identités des peuples du territoire une réalité...
3) – Les conséquences qu'il peut y avoir :
- Il semble possible de sauver la langue parce que les mentalités ont changées et parce que l'utilisation du breton standard augmente.
- Mais finalement, la langue pourrait n' être parlée que par un petit nombre de personne seulement.
- Il faudrait plus de fédéralisme pour donner une chance aux langues minoritaires.
(RC): Oui: prise de conscience de la valeur patrimoniale, mais difficile à sortir de l'étiquette confidentielle.
(LC): Oui! Mes petits-enfants l'apprennent dans les écoles primaires alors que mes enfants ne l'ont jamais étudié.
(MP): Oui, un sursaut des bretons.
(LT): Ya abalamour da youl ha d'an teknikoù nevez.
(AC): Maintenue oui mais à un niveau limité car trop peu de gens l'apprennent faute de volonté politique et malheureusement, les anciens qui la pratiquaient disparaissent. A terme, le maintien concernera essentiellement le Breton « académique » qui se substitue déjà au breton local puisqu' écrit.
(CLF): Oui car c'est notre histoire, notre culture, notre patrimoine, nos racines au moment où nous cherchons du sens dans notre vie.
(LG): Les bretons sont fiers de leur région et souhaitent garder ce patrimoine.
(BG): Oui, elle fait partie de notre culture.
(MFT): Parce qu'il y a des écoles qui l'enseigne.
(MK): Dav ez eo dezho mont pelloc'h eget laret; « ma vefe saveteet ar yezh a blijfe din » . Dav eo ober strivoù e-unan.
(JYK): Ya soñjal a ra din ez eus youl gant ar re yaouank.
(BT): Par ce qu'il faut y croire pour soutenir toutes les initiatives.
(MM): Oui, parce qu'il y a des personnes très motivées, des écoles.
(FMD): Oui, car aujourd'hui, les hommes et les femmes de "pouvoir", intellectuels et professeurs, citadins pour la plupart, s'y intéressent, alors qu'ils sont les héritiers de ceux qui essayèrent de le faire disparaître, et qu'ils ont le savoir-faire et le contrôle des outils qui leur permettront d'y arriver s'ils le souhaitent VRAIMENT.
(FG): Oui, parce qu'elle est enseignée dès le plus jeune âge et qu'elle est utilisée dans le milieu professionnel.
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(NC): Maintenant oui, je le crois, mais je pense qu'il s'agira toujours d'une minorité de gens.
(RL): Ya! L'école Diwan propose un système scolaire structuré et prospère.
(GD): J'espère ; c'est une richesse et les Bretons sont têtus.
(LLL): Ya, a-drugarez da Ziwan.
(AB): Oui, les gens ont un besoin de garder leurs racines.
(IL): Oui, il faut être optimiste ; Il faut se battre, comme le fait Lena Louarn au conseil départemental d'Ille et Vilaine...
(FYG): Oui et cela ne concernera pas que le Breton, mais aussi le Corse, le Basque, l'Occitan...., parce que la seule chose que le gouvernement Français n'a toujours pas compris c'est qu'il n'y aura pas d'unité nationale, sans ancrage régional, pour ma part je suis Breton et rien d'autre, si l'état Français me reconnaît en tant que tel, je défendrais à mon tour la France, car elle protège ma culture et elle reconnaît mon identité au sein de la nation, sinon... je ne bougerais pas le petit doigt et je suivrais celui qui me promettra la liberté et le droit, d'être ce que je suis!! BRETON!!
(JB): Ben, j'espère qu'elle a encore de longues années devant elle par l'enseignement du breton à l'école. Ma fille est en filière bilingue depuis la maternelle (DIV YEZH) elle est passionnée de culture bretonne ( elle fait partie du cercle des Bruyères, et participe au KAN AR BOBL ( concours de chant breton organisé cet année à Plozevet le 23 mars 2019, Salle Avel Dro ), avec sa classe et en solo depuis 2 ans. Elle souhaite continuer le breton au lycée Brizeux l'année prochaine. Dans notre famille, c'est important le breton, bien que mon père soit décédé en fin d'année 2018...C'était une référence pour nous !
(MCM): Si cela continue à être enseigné dans les écoles ( dès la maternelle ) et à être valorisé.
(JPK): Kentar Ya ; Al lusk da savetaat ar vreizhoneg zo war an hent mat.
DES DOUTES MAIS AUSSI DE L'ESPOIR :
- Les difficultés mises en avant ici sont celles du monde politique. Le financement et la volonté ne sont pas à la hauteur.
- Il y a aussi le regret qu'une langue standardisée se substitue à celle du Pays.
- Par manque de cohérence, de discernement... Hélas pour nous! Des Bretonnants de naissance reprochent systématiquement l'éloignement entre leur propre breton et d'autres formes de parler.
(RC): Je le souhaite mais en doute beaucoup faute de moyens financiers et de véritable volonté politique ; les discours sont une chose encore faut-il avoir les moyens de tenir les promesses. La signalisation bilingue des panneaux de villes ou de lieux-dits pourquoi pas ? Mais cela ne fait pas avancer les choses.
(RK): Spi am eus ; Ober a ran ar pezh a zo moaien ganin.
(RC): Je le souhaite de tout mon coeur ( a galon vat ).
(MPQ): J'aimerai, mais je crains qu'il ne reste plus que du « Breton de pharmacie » aseptisé, sans accent sans saveur. Une langue qui n'est plus utilisée au quotidien perd son âme.
(PC): J'essaye d'y croire mais je suis pessimiste. Et je trouve qu'elle s'uniformise. Je ne comprends pas les Rennais qui ont appris le breton «académique». Le breton était une langue de territoires assez restreints puisqu'il n'y avait pas de mobilité autrefois.
Le breton a été parlé dans une large part de la Bretagne. Il fût parlé en Loire Atlantique et l'on trouve des toponymes bretons sur l'ensemble du territoire naturelle de la Bretagne historique ... D'autre part, une langue est une marque d'identité que les gens ne veulent pas perdre... Voici ce qui a été écrit à propos du travail de Bertrand LUÇON: « ...linguiste de formation et musicien de métier, Bertrand LUÇON vient de publier « Noms de lieux bretons du Pays Nantais. Un recueil minutieux de tous les toponymes issus du breton présents sur ce territoire. Son analyse est claire; si ces noms sont si nombreux, c'est qu'on a parlé breton pendant 1500 ans en Pays Nantais. »(24)
(24) « Peuple Breton », n° 134 Miz-Eost-Gwengolo 2017, Bertrand LUÇON.
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Carte proposée par l'office de la langue bretonne
Impossible pour un Bigouden de comprendre un Vannetais. Mon père me disait en écoutant les Vannetais parler à la TV que s'ils parlaient chinois, ce serait le même résultat pour lui.
C'est un problème qui peut se résoudre en lisant le breton standard. L'écrit de la langue bretonne est primordial sur ce point. Les différences qui existent peuvent alors être apprises à l'écrit et retranscrites à l'oral... Il y a cependant des efforts à faire.
NON :
- Le poids de l'uniformisation et l'influence des états-nations sur les cultures... La France est contre la survie des langues dites « minoritaires » qui sont totalement étouffées par l'idéologie de la République française.
- La langue est devenue une langue écrite et elle n'est pas assez parlée. Cela laisse incertain l'avenir de la langue.
- Le breton standardisé ne représente pas la langue des anciens et elle n'est donc pas aidée.
- Le nombre de bretonnants décroît et les nouveaux locuteurs forment des groupes repliés sur eux-mêmes.
- Le bilinguisme n'est pas encore bien accueilli par tout le monde...
- C'est la mixité des personnes qui concoure à la disparition du breton du fait qu'il n'est pas enseigné aux personnes s'installant dans le pays...
(RV): Le poids des puissances qui cherchent à s' accaparer les minorités pour aller vers la pensée unique qui gère un monde ou l'inculture facilite la maîtrise des hommes.
(FC): ???? Que mettent-ils derrière leur oui? !!
(NP): Non, c'est encore minoritaire, mais de jeunes parents créent des classes bilingues ici à Pluguffan, cela s'étoffe tous les ans, mes 2 derniers petits enfants y sont.
(FD): Je n'y crois pas, bien que toutes écoles fassent au mieux. D'une part parce que cela reste une langue qui n'est pas transmise par les parents, la plupart des élèves ne la pratiquent pas chez eux. D'autre part car son usage reste marginal et confine à l'entre soi à ce que j'observe. Le nombre de locuteurs nés est en constante diminution et l'apprentissage d'une langue qui n'est plus ancrée chez les générations précédentes me semble artificiel. Il y a bien quelques exceptions, mais pas suffisantes pour le sauvetage de la langue et de quelle langue parle-t-on ? Les anciens disent qu'ils ne la comprennent pas. Ils ne savent pas la lire ni l'écrire non plus, c'est aussi une des raisons de sa disparition.
(LF): Je ne suis pas optimiste. L'état français n'y tient surtout pas!!! cf. dernièrement l'affaire grand-guignolesque du tilde de Fañch. Les bretonnants disparaissent les uns après les autres. Ce n'est plus la langue de la rue. Une langue doit être parlée pour rester vivante. Les jeunes qui l'apprennent n'ont plus de locuteur dans leur vie de tous les jours.
Paradoxalement à l'heure d'aujourd'hui le breton est surtout devenu une langue écrite, ce qui est tout à fait l'inverse du passé. L'exemple de l'Irlande est significatif. Le gaélique est langue officielle depuis l'indépendance et pourtant il ne progresse pas, le pays reste anglophone. Alors imagine dans un état jacobin comme la France... d'autant plus que les élus bretons ne montrent pas beaucoup d'empressement dans ce domaine.
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(RT): Non, la pratique quotidienne me semble insuffisante ; ( Ne serait-ce que quelques mots, expressions de tous les jours en breton. Combien de fois dit on kenavo dans une semaine ? Jamais ou très rarement à la sortie du groupe d'échange en Breton... et encore !
(PC): J'ai bien peur que non, compte tenu des efforts indispensables à mener et qui aujourd'hui ne sont pas à la hauteur de l'objectif. Il faudrait prendre exemple sur ce qui a été fait en faveur de l' hébreux qui avait quasiment disparu et qui est aujourd'hui parlé par – ou + millions de personnes.
(CI): Non, c'est trop tard car nous avons perdu l'âme bretonne.
(BP): Non, tant qu'il n'y aura pas de volonté politique pour généraliser l'apprentissage précoce. Pour beaucoup, l'apprentissage du breton nuit à l'apprentissage du français. Pourtant dans le monde le bilinguisme existe dans beaucoup de pays. Certains comme le Pays de Galle ont repris la main.
(TQ): Le breton est une langue orale qu'il faut pratiquer régulièrement et naturellement.
(PB): Je n'en suis pas sûr, en tout cas pas cette langue de nos anciens avec toutes les subtilités liées aux traditions paysannes ; il y aura eu un fossé dans la transmission orale avec nos anciens et c'est cela le drame!!
(BT): Parce que la solution est politique et que je vois rien à l'horizon.
(PO): Non, de plus en plus d'habitants viennent d'autres régions et n'ont pas de lien avec la langue bretonne, de plus, ce n'est pas le facteur premier pour une bonne intégration.
(LLL): Non, avec le brassage des populations, ce n'est pas évident et puis le breton que l'on apprend à l'école ne me plaît pas plus que ça, ce n'est pas tout à fait le même breton que l'on parlait ici en Pays Bigouden. Le breton qu'on entend à la radio ou à la télé par exemple, je le trouve plat sans intonation, sans réel accent, c'est trop littéraire et ça ne me plaît pas du tout, ici c'était plus chantant, plus plaisant à entendre ! Il y avait des expressions typiques d'ici que l'on entend plus !
(NL): Je pense que c'est artificiel, je ne me reconnais pas dans cette langue, elle me parait uniforme manquant de couleurs, de fantaisie. Ses expressions imagées me semblent perdues. C'est cela qui ne me donne pas envie de l'apprendre aujourd'hui, c'est trop tard, je n'ai pas su profiter des connaissances de mes parents pour l'apprendre.
(CLG): Je ne crois pas ; l'idéologie républicaine française ne nous est pas favorable.
8 – LE BRETON DANS LE MONDE ÉCONOMIQUE.
8- 1 Les emplois en langue bretonne augmentent?

Le nombre de personnes qui croient dans l'avenir de la langue bretonne n'atteint pas la moitié mais au-delà d'eux, il y a beaucoup de gens qui espèrent que cet avenir soit une réalité. Ceux qui n'y croient pas mentionnent des obstacles plutôt qu'une véritable opposition. Ce qui n'est pas si mal finalement.
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OUI :
- parce que la jeunesse est attirée par la langue bretonne à ce que l'on peut observer. Dans les années 70 il y avait déjà un élan parmi certain jeunes ( les étudiants à l'université ) ; voici le point de vue d' Angela Duval dans l'émission « Les Conteurs » réalisée par André VOISIN (en 1971) » (15):
« Il me vient beaucoup de jeunes pendant les vacances, de l'université. »
« Ça vous fait plaisir qu'au fond du hameau, il vous vienne des gens..., c'est pas vous qui allez ? »
« Oh non, non ils me trouvent quand même. »
« Les gens vous trouvent, c'est ça ? »
« Oui, comme on va voir une vieille fontaine... C'est un certain retour aux sources. Les jeunes, maintenant, contactent beaucoup les vieux, comme ça, pour essayer d'en tirer des vieilles choses d'autrefois... qu'on ne trouve pas dans les livres...»
- Les médias ( les utiliser est assez facile grâce aux nouvelles technologies, les réseaux sociaux ) et le monde associatif est, aujourd'hui, assez accueillant envers le breton.
- Les milieux de l'apprentissage, de la culture, du commerce penchent pour l'utilisation du breton.
- De plus en plus de gens parlent le breton.
- La mentalité a changé.
(JS): J'ai eu l'occasion de participer à des entretiens d'embauche dans les années 80/90; L'usage du breton parlé était encore important et le critère de pouvoir s'exprimer dans cette langue pouvait occasionnellement faire basculer le choix du jury.
(LC): Oui, peut-être par la demande de plus en plus dans les écoles, à la radio ou à la télé.
(LT): Ya abalamour d'ar rouedad hag ar yezhoù lakaet war wel en un doare aes.
(AC): Oui, demande du milieu associatif, éducatif, culturel, commercial.
(RK): Yezh / sevenadur / armerzhouriezh a zo liammet.
(FD): Effectivement on crée des emplois.
(LG): La jeune génération semble y adhérer.
(BC): Pourquoi pas?
(RD): Oui, je l'espère du moins, certains paramètres semblent clignoter dans le vert, tous ces jeunes qui ont un encadrement bretonnant, surtout scolaire, peuvent faire pencher la tendance de ce côté, et aussi on ne peut plus qu'espérer en eux, en ce qu'ils feront, vivons d'espoir.
(JYK): Soñjal a ra din ez eus youl gant ar re yaouank.
(PB): Oui, mais, je pense que ça restera néanmoins marginal.
(FG): Oui, parce qu'il y a une plus grande ouverture d'esprit.
(RL): Oui, création possible dans l'enseignement, le tourisme, le milieu associatif, les PME.
(GD): Oui, il y a de plus en plus de personnes qui parlent breton, les besoins vont être accrus.
(AB): Écoles, Médias, Théâtre, Musique... en Breton.
(JB): Dans l'enseignement, les médias. Il a déjà augmenté depuis 1990, l'année de mon bac, mon prof de breton m'avait déconseillé de poursuivre vers cette voie, pas suffisamment de débouchés selon lui à l'époque.
(14)Télégramme da 16 a viz Mezheven 2015
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DES INCERTITUDES :
- L'augmentation du nombre d'école en breton est une condition de sa survie.
- C'est une question de « normalisation de la langue » : les élus doivent offrir une politique plus vaste à propos du breton en stimulant le monde économique, les collectivités territoriales, les médias, l'administration, les associations... De même, le monde économique doit de son côté accueillir la langue bretonne.
(RC): Oui, on peut l'espérer, si les financements suivent ; sans argent, la volonté, affichée de certains ne pourra, seule, arrêter le déclin.
(NP): C'est un souhait.
(MP): Oui, si il y a de plus en plus de bretonnants, la publicité sur les produits se feront également en breton, les modes d'emploi, pourraient se faire en breton ou bilingue, savoir le breton deviendra un plus sur un C.V.
(LF): Ce serait idéal. Peut-être que cela marquera une différence par rapport aux autres produits... marketing favorable ! « Produits en Bretagne » est bien une marque.
Produit en Bretagne ne fait pas une réelle promotion de la langue bretonne malgré l'identité bretonne que la marque utilise tous les jours. Il y a même un danger d' « endormissement » pour la langue bretonne dans le fait de croire à l'implication de produit en Bretagne dans sa promotion. En fait très peu de chefs d'entreprise agissent vraiment afin d'aider véritablement les défenseurs traditionnels du breton.
(PC): Je ne sais pas mais je l'espère fortement ; cela doit faire l'objet d'une politique volontaire déclinée par tous les acteurs sociaux, économiques et politiques : collectivités territoriales, chambres de commerce, de métiers, et l'État (éducation nationale...), médias etc...
(MK): Marteze ma vez implijet an dud o deus desket ar yezh gant ar renerien.
(BT): Oui, si tous les enfants passent par une scolarité bilingue.
(NC): Oui, à condition que l'intérêt pour étudier la langue continue à grandir.
(VA): Peut-être mais c'est difficile à dire, ce n'est peut-être qu'un effet « mode », on nous parle d'ouverture sur le monde alors je ne sais pas trop !
(PC): Oui, dans l'éducation à condition que les crédits publics suivent, que la volonté politique soit là.
NON :
- Car l'uniformisation est une raison puissante qui s'oppose au développement de la langue bretonne. L'anglais prend déjà le pas sur le français.
- Le nombre de bretonnants restera trop faible.
- L'avenir du breton est lié avec le point de vue des conseillers communaux.
- Le breton n'aura qu'une mission culturelle et non pas de communication...
- Car c'est une mode.
(RV): Cela restera infime.
(FC): ???? On peut toujours le faire augmenter artificiellement!!!!
(MPQ): Non, pourquoi ? Certains augmenteront ( enseignement auprès des jeunes ) d'autres disparaîtront car ils sont utiles face aux personnes âgées bretonnantes et celles-ci sont de moins en moins nombreuses.
(BG): Je ne suis pas certaine.
(CI): Non pas à l'époque de la mondialisation où tout se fait en Anglais.
(BP): Il manque de lieux pour réellement parler le breton et donc redynamiser ce secteur.
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(TQ): Tout dépend de l'évolution de la commune.
(MM): Non, parce que cela reste localisé à notre région.
(FMD): Sans doute car ce nombre parait bien dérisoire sur le nombre de Bretons " intra-muros".
(NL): Je pense que c'est une mode qui ne durera pas.
(SM): Ce sera difficile.
(BS): Pas dans des proportions qui justifient d'imposer la langue.
(MCM): Non ; avec la mondialisation , après la « Francisation », le breton risque de ne garder qu'une place culturelle pour le grand public et ne pourra être conservé comme langue « de vie » par une minorité de personne la pratiquant au quotidien. La richesse de la langue pratiquée par nos anciens ( y compris des mots ou expressions très « locales » ) risque de disparaître, comme nos dernières « vraies » Bigoudennes..
(PK): Nan perak dija ar galleg 'n eus diezamant gant ar saozneg.
9 – DIVERSITÉ CULTURELLE CONTRE UNIFORMISATION.
9-1 Une langue est-elle une marque d'identité d'un peuple?
On peut ici mettre en avant la pensée de Gilbert DALGALIAN ( spécialiste en technologie éducative pour l' UNESCO et docteur en linguistique ) qui nous explique que l'identité est un concept difficile à définir et qui trouve plus aisé de parler de « racines » qui sont plutôt des choses vivantes et qui évoluent.

OUI :
(JS): L'identité bretonne est forte et doit le rester surtout chez nous où nous sommes encore beaucoup de locuteurs ; Il ne faut pas la dévoyer. Lorsque vous entendez un bagad sonner, cela vous remue au plus profond de vous. Les Corses et les Basques ont réussi à maintenir leur identité. Pourquoi pas nous ? Je ne suis pas un « Breizh Atao », loin de moi cette idée, mais soyons fiers de notre langue et faisons en sorte qu'elle perdure et renforce nos liens culturels et nos racines.
(Rco): Les langues, si elles sont vivantes, sont des marqueurs d'identité de manière évidente, si elles ne concernent plus qu'une minorité, le marqueur devient plus flou, voir mal compris par la majorité des gens.
(Rca): OUI, et une richesse pour l'humanité.
(FD): Bien sûr que c'est une identité, la langue à elle seule ne fait pas l'identité mais y participe beaucoup.
(PC): Absolument, Hep brezhoneg, Breizh ebet.
(JYK): Ingal eo an holl bobloù hag an holl yezhoù.
(IL): Oui, au même titre que la culture (danse, musique, costumes...)
(CLG): C'est l'âme d'un peuple.
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9-2 Est-ce important pour les Bretons de garder leur identité vivante?

OUI: Pour toutes les réponses pratiquement! Et avec beaucoup de raisons différentes...
1) Une langue est rassurante :
- Le droit de savoir qui nous sommes, d'où nous venons ce qui aide les gens à guider leurs vies.
- Elle apporte plus de sérénité aux gens car elle est liée à des chose véritables : valeurs, identité...
2) Question d'identité :
- La langue est liée à une culture, elle-même liée à une histoire.
- Ce sont nos racines.
- Les Bretons forment un peuple.
- C'est un héritage.
- C'est un moyen de se rassembler et de défendre notre identité.
3) Le fait de l'humanité :
- La pluralité et la diversité est nécessaire à l'humanité.
- C'est une façon différente de penser.
- Dignité, origines et relations aux autres.
- Des valeurs sont liées à une culture et la langue les conserve vivantes
(RV): Bien sûr, c'est important mais trop tard.
(RC): Oui, la langue ne constituant qu'un élément de cette identité.
(LC): Oui, pour garder notre culture et notre passé historique.
(NP): Oui et bien sûr c'est nos racines, on se construit autour de cela.
(MP) : Oui, chacun à le droit de savoir d'où il vient et ce qu'il est ; C'est une richesse.
(LT): Er republik eo posubl dija hag en Europa eo anat!
(AC): Ya : racines, cultures, relations humaines, originalité, dignité.
(RK): A-dra-sur Evit gouzout pelec'h mont , ret eo gouzout eus pelec'h emaomp o tont.
(MPQ): Une langue est une pensée. Selon la langue utilisée, les pensées, les perceptions du monde, la spiritualité sont différentes.
(LF): Absolument! Nous sommes Celtes, nous ne sommes pas Latins. Nous pensons différemment. Comme avait dit Stivell lors d'un concert, nous sommes des cercles et des courbes dans une France structurée en carrés et en rectangles. Nous n'avons pas demandé à devenir français. Ne pas oublier que nous avons été annexés militairement puis la révolution française a remis une couche en supprimant le parlement et enfin Pétain nous a amputés de la Loire Atlantique.
L' Histoire de Bretagne s'écrit toujours comme le montre Frédéric MORVAN, historien. Il écrit dans le « Journal de la Bretagne » du 12 juin 2019, l'article suivant « L'historien de Bretagne est-il dangereux ? » (25). Et c'est, pour le moins, très gênant quand il confirme qu'il s'agit pour la Bretagne non pas d'une union à la France mais bel et bien d'une annexion ce qui discrédite le discours officiel qui est publié depuis si longtemps. (26) « Chronique historique » dans le « Journal de la Bretagne » du 17 avril 2019.
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L'histoire d'Anne de BRETAGNE n'est-elle donc pas finie? Ou n'est elle pas encore commencée ? Joël CORNETTE, historien connu, enseignant à l'université de Paris est, depuis peu, du même avis, selon son nouveau livre « Anne De BRETAGNE ». Voici un passage de l'interview publié par l' Agence Bretagne Presse le 16/10/21 à l'occasion de la sortie du livre (27).
«Êtes-vous le premier historien grand public à écrire clairement que Renée a été dépossédée du duché par François 1er et que légalement, légitimement, le duché aurait dû redevenir souverain avec à sa tête Renée comme duchesse ? »
[Joël Cornette] « Je ne suis pas le premier, mais j'insiste dans l'épilogue (il occupe une place importante dans le livre) sur cette dépossession, fatale au destin du duché. La plupart des biographies s'arrêtent en effet à la mort d'Anne, à l'aube de l'année 1514. Or, il faut aller un peu plus loin : on assiste dans les mois et les années qui suivent son décès – elle meurt à moins de 37 ans - à une véritable trahison de ses volontés et des dispositifs des traités signés – Renée devait être duchesse en titre ! -. Ce fut bien une trahison, méthodique et assumée par Louis XII et, surtout, par François 1er, véritable prédateur des principautés indépendantes - voyez sa capture du Bourbonnais, contemporaine de la prise de possession de la Bretagne. Le véritable épilogue – tragique - de la vie d'Anne se déroule en 1532, avec l'annexion forcée du duché, transformé en province du royaume de France. »
(RT): Oui. Tout ne doit pas être marchandé; une langue, une façon d'aborder les problèmes différemment, d'apporter des solutions, de s'enrichir musicalement, par la lecture de textes, du théâtre, du cinéma en Breton.
(LG): Oui, c'est un moyen de se rassembler et de défendre une identité.
(BC): Oui, breton et tolérant.
(PC): Naturellement, tout peuple doit pouvoir garder son identité qui est un facteur indispensable d'épanouissement, de bien-être et de richesse culturelle.
(CI): Oui cela permet de se rattacher à quelque chose et d'être plus serein.
(RD): Oui, bien-sûr. Quand je vois disparaître le genêt et l'ajonc et l'aubépine dans nos campagnes, en même temps que talus, oiseaux et vie animale, quand je vois nos côtes sur-fréquentées et qui n'attendent plus que d'être bétonnées pour être « rentables » , je me dis que pour notre culture et pour notre langue aussi, c'est la même chose, nous devons « tous » en Bretagne à 5 évidemment, créer un grand débat autour de la question bretonne, à tous les niveaux, il faut que chaque âme qui vit sur ce sol ait la possibilité de s'exprimer et aussi d'apprendre à savoir et à connaître.
(MFT): Oui, parce qu'une langue c'est un trésor.
(MK): Kozhoc'h ha pinvidikoc'h ez eo ar brezhoneg eget ar galleg.
(TQ): C'est notre origine mais les générations n'ont pas passé le relais, il y a trop d'influence.
(Evezhiadenn) : Depuis 2013, j'ai vu les changements de point de vue de Frédéric Morvan et de Joël Cornette à propos de l'Histoire de Bretagne, surtout en ce qui concerne Anne de Bretagne, après la parution du livre « Le livre bleu de la Bretagne » écrit par Louis MELENNEC, originaire du Pays Bigouden.
Son dernier livre : " Anne de Bretagne Invasion et annexion " Edition yoran-embanner.com
Sa thèse :
«
Le
rattachement
de la Bretagne
à la France »,
Universite Paris - Sorbonne, montre
que la Bretagne a été annexée par la France et que ce n'est pas
un « mariage » entre la France et la Bretagne comme le proclame
l'Histoire de France officielle.
Il prouve précisément que : « le traité d'Union de 1532 entre la France et la Bretagne est sans fondement juridique (nul et de nul effet) et, dès lors, que la Bretagne n'est pas unie à la France, mais est toujours régie par le traité conclu par Anne de Bretagne et Louis XII en janvier 1499 : la France n'est qu'une puissance occupante d'une Bretagne qui n'a en droit international jamais cessée d'être souveraine ».
(25) « L'historien de Bretagne est-il dangereux ? », Frédéric MORVAN, historien, Journal de la Bretagne an 12 a viz Mezheven 2019
(26) « Le Games of Thrones breton », Journal de la Bretagne, ar 17 a viz Ebrel 2019.
(27) « Anne de Bretagne », Joël CORNETTE, interviewé par APB 16/10/21
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(PB): Oui, on est tous de quelque part, les liens à la terre qui nous a vu naître sont fondamentaux et la langue est une marque d'identité très forte.
(BT): Oui, il est absolument nécessaire de garder l'identité bretonne et donc bien sûr la langue qui est à mon sens la composante essentielle de l'identité, les autres branches (musique, danse, histoire, économie, patrimoine...) sont également nécessaires.
(MM): Oui, parce que ce sont nos racines.
(FMD): Ya, parce que l'identité est garante de la culture et des valeurs qu'ont toujours respectées les Bretons ; travail, honnêteté, franchise et loyauté entre autres.
(BLP): Oui, pour nos racines.
(FG): Oui, parce que la diversité est nécessaire et que les Bretons doivent conserver leur héritage.
(NC): Parce que nous avons notre propre histoire, qui n'a rien à voir par exemple avec celle des Alsaciens. Ceci induit forcément une culture différente et très riche (que d'autres nous envient...) Nous sommes un pays de traditions que nous devons préserver car il s'agit d'un patrimoine à transmettre ; ce sont les richesses culturelles de chaque région qui font la France.
(RL): Ya; la langue est le lien verbal d'une communauté et donc une richesse propre. La langue est un élément de la culture bretonne qu'il est important de préserver.
(PO): Oui, par respect pour notre histoire, nos racines, nos ancêtres.
(VA): Oui! Mais pas que pour les bretons en général, pour les gens de chaque région de Bretagne comme la Bigoudénie, les « vrais » Bigoudens sont en voie de disparition ! Il n'y a plus de naissance à Pont L'Abbé et les gens parlent de moins en moins le breton, il y a de plus en plus de gens d'ailleurs qui viennent y habiter, ce n'est plus pareil qu'avant ! La mentalité a changée !
(LLL): Ya, met n'eo ket liammet gant ar yezh.
(NL): Ya c'est leur culture et leur richesse.
(AB): Oui, ce sont nos racines.
(PC): Pour le bien être personnel, on a tous besoin d'être de quelque part. Même si je vis à Rennes, je précise toujours que je suis d'origine Bigoudène. Économiquement, c'est porteur; Exemple avec « Produit en Bretagne ». Par ailleurs, c'est attirant pour le tourisme. Quand on voyage, on cherche souvent ce côté un peu différent d'une façon de vivre ou d'être de ce que l'on va visiter ; Les touristes retrouvent ça en Bretagne : l'accueil, la musique, la danse, la vie économique, la pêche, l'agriculture, la gastronomie.
(BS): Oui, la France est une somme d'histoires de peuples différents ; cette distinction et cette pluralité est une richesse.
(IL): Oui, c'est notre fierté, notre richesse, nos racines.
(CLG): Oui, parce que nous sommes un peuple.
(JB): Oui! Le breton c'est notre identité, notre culture, notre sang !
(MCM): Bien sûr, la langue est un marqueur d'identité, heureusement qu'avec la musique, les costumes, les arts, les monuments ( y compris religieux : chapelles, églises, cathédrales ) la gastronomie..., nous en avons bien d'autres.....
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NON:
(FC): Leur identité bien-sûr en passant par cette langue bretonne ???
(JPK): Nann pegwir zo re neubet tud prega breizhoneg.
10 – LES NOUVEAUX DROITS INTERNATIONAUX.
10-1 Est-ce que le droit peut aider l'avenir des langues minoritaires?

Le droit peut aider les langues pour 57% des réponses et 43% d'entre vous pensent qu'il ne sera d'aucune aide ; ces derniers mentionnent qu'ils n'ont aucune confiance dans le monde politique pour se saisir des droits qui existent afin de défendre l'avenir des langues et/ou ils pensent qu'il est tout aussi important que les langues soient aidées grâce à la volonté des gens.
Beaucoup (45%) n'ont pas répondu à cette question ; peut-être ne sont-ils pas informés sur la question ou ne mettent-ils pas le problème du breton sur le terrain du droit...Il est vrai que les médias sont bien peu coopératifs dans le domaine. Ouest-France n'a fait paraître la réalité du « Minority Safe Pack » ( enregistrée le 3 avril 2017 ) qu'une fois quasiment atteintes, les conditions de validation par la commission Européenne de cette Initiative Citoyenne Européenne en faveur de la sauvegarde de la diversité linguistique, de toutes les langues et droits des minorités d'Europe… Par la suite, la commission Européenne a tout simplement refusé le plébiscite populaire et parlementaire de cette initiative…De quoi se demander quelle est cette sorte de démocratie qui règne en Europe! ***
OUI:
(RK): Ur yezh ofisiel a ziwallfe ar yezh.
(FMD): OUI bien-sûr, une société multi culturelle basée sur le respect des un(e)s et des autres passe par là.
Pourquoi pas, c'est peut-être une solution mais cela est difficile à réaliser en vérité; l'état dont il serait question doit être dans une maturité politique très élevée pour concilier les intérêts des uns et des autres...
(AB): Oui sinon elle disparaît.
(LC): Sauf si nos politiques traînent des pieds pour reconnaître ces langues minoritaires.
(AC): Ça peut aider mais ça ne suffira certainement pas.
NON:
(RV): Comme tous les discours ce ne sont que des promesses sans avenir.
(MPQ): Sans doute pas
(LF): Cela dépend des états. En France c'est mal barré.
(BC): Pas sûr, pas de volonté réelle.
(BP): Non, car ce n'est pas suivi des faits au niveau politique; la retranscription dans notre droit est trop lente.
*** Au moment où j'écris cette remarque, je n'imaginais pas ce qu'était réellement l'Europe. Aujourd'hui, en 2025 les évènements sont édifiants... Il est clair que le " Minority safe pack " malgré sont succès populaire incontestable, n'avait aucune chance.
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(BT): Non ce n'est pas suffisant.
(PB): Je n'en suis pas sûr, c'est seulement un facteur d'aide.
(LLL): N'eo ket a-bouez kaout lezennoù, ar gwir a zo gant an dud hepken, dezho da lakaat ar yezh da vezañ bevet.
(NL): Non, si les moyens et la volonté politique ne sont pas suffisants.
10 -2 Est-ce que le statut officiel peut sauver les langues ?

En ce qui concerne le statut de la langue, il y a encore moins de réponse. Pratiquement 60% des gens n'ont pas répondu.
Cela reste positif quand même mais il y a des conditions:
- L'enseignement du breton en formation bilingue doit être une réalité, au moins.
- Une attitude appuyée de chacun pour mettre le breton dans une vraie dynamique.
- Un discours véritable, surtout ainsi qu'une volonté politique.
Par ailleurs, il y a une chose qui rendrait inutile le statut de la langue: c'est l'uniformisation. Justement ! Cette remarque est très importante...
On peut, ici, mentionner « l'acculturation » selon l'article de Roger BASTIDE ainsi que le point de vue sensible d'Angela DUVAL, en 1971 dans l'émission «Les conteurs» André VOISIN.(15)
« Je me demande ce que la terre va devenir dans une quinzaine d'années; ceux qui sont maintenant dans la splendeur seront déjà des vieillards dans quinze ans... Les vieux sont tous morts et parce que parmi les jeunes, personne ne se décide à rester...» «Le métier d'agriculteur, c'est pas un métier, c'est une vocation...On veut retirer tout de suite tout ce qu'elle a en son sein tandis qu'autrefois on ne prenait pas plus qu'elle ne pouvait donner... Les talus étaient entretenus pour les animaux tandis qu'aujourd'hui on rase tout... On fait un désert, ça va devenir un Sahara bientôt... Mais oui! Elle n'est plus regardée avec respect...C'est une sorte de prostitution... on en tire tous les bénéfices qu'on peut sans aucun respect. »
Angela DUVAL était très proche de la terre et elle percevait déjà les difficultés à venir 50 années auparavant... Son monde mourant, personne ne s'occuperait plus de la terre comme on le faisait autrefois, avec respect. Elle accuse l'expatriation des jeunes qui s'en vont gagner leur pain dans les villes lointaines. Et, peut-être aussi, la modernité « séduisante » qui attire la jeunesse...
Voici maintenant le point de vue de Roger BASTIDE, professeur honoraire à l'université Paris 1, à propos de l'acculturation (28) :
«Nous sommes au siècle de la planification. L'acculturation va, de simplement contrôlée, devenir planifiée et rationnellement orientée... L'acculturation planifiée apparaît avec la formation d'états indépendants en Asie, Océanie et Afrique, et avec la
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concurrence des divers impérialismes, soit économiques, soit idéologiques, autour de ces nouveaux états. Elle consiste: 1 à faire prendre en charge l'acculturation dans le seul sens de l'occidentalisation par les gouvernements des pays récemment apparus sur la carte du monde: 2 à se servir des théories scientifiques en vue d'intérêts qui restent par trop ambigus; c'est pourquoi, comme nous l'avons dit, un nouveau vocabulaire est inventé (développement se substituant à acculturation ),et le consensus se réalise sur la primauté de la perspective sociologique (plus particulièrement économico-politique)..».«L'acculturation» dans Universalis.edu
Ainsi, le terme de «développement» serait un concept qui aurait été inventé pour faire croire que l'intérêt de tous se trouve dans le modèle industriel; avec la mondialisation et surtout la civilisation occidentale comme référence dont l'origine se situe en Europe et aux États-Unis.
Ce qui est grave ici, est le fait d'embrigader les gens par l'activité de certains scientifiques à qui l'on accorde là encore une certaine caution «morale». Ainsi, l'acculturation bien cachée derrière le «développement» explique la mort du pays. Ce constat se trouve dans la prophétie triste d'Angela DUVAL... Comme dans la théorisation du racisme, par une bonne partie des intellectuels du XIXème siècle (le racisme scientifique), qui a permis aux états nations de légitimer, par là même, la colonisation ...
«Malheureusement nos chères Lumières, au siècle des progrès de la connaissance et d'invention des idéaux d'égalité et de liberté, ouvrent la porte à une aggravation encore inconnue de ce qu'on appellera plus tard le racisme...»
Nicole SAVY «Hommes et libertés» n° 72 /www.ldhfrance.org (29)
Plus tard...
«Il apparaît que l'idée même de race est acceptée par tous les contemporains, même progressistes, et va entraîner un consensus général et durable en faveur du colonialisme, au nom de la mission civilisatrice de la France. Jules ferry déclare en 1885 : « Oui, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Comment justifier, sinon, notre présence aux colonies?».(29)
Et Jules Ferry, Ministre de l'instruction publique, dans quel but a t' il établit l'école de la république...Pour les meilleurs raisons du monde ?
Et la colonisation était-elle la «bienvenue» après 68 ? Et une langue telle que le breton, n'est-elle pas dérangeante pour le développement que l'on connaît, conçu finalement dans une logique d'acculturation ? Le développement n'est-il pas la marque du passage de la colonisation à l'impérialisme ? L'acculturation serait ainsi grimpé à l'étage le plus dominant bien au-dessus, de l'identité des peuples, de leurs droits et de leurs libertés
(15) Télégramme da 16 a viz Mezheven 2015
(28)« l'Acculturation », Roger BASTIDE, professeur honoraire, univ. Paris1dansUniversalis.edu
(29) «Hommes et libertés» n°72, Nicole SAVY, www.ldhfrance.org
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YA:
(RK): Evit arc'hantaouiñ ar stummadur.
(LF): La sauver je pense que oui mais sans doute elle restera confidentielle. Cf, l'Irlande citée plus haut.
Je pense que la situation est différente en Irlande parce que c'est un pays indépendant, ce qui n'est pas une réalité en Bretagne. Et, justement! Pourquoi existe-il encore une langue en Bretagne alors que l'avenir du gaélique est en grande difficulté malgré son statut officiel ? Peut-être que leur vieille langue n'est plus pour les Irlandais une marque d'identité du fait de leur liberté retrouvée il y a un siècle justement ?
OUI, MAIS IL Y A DES CONDITIONS :
(BT): Oui, si cela va de paire avec une scolarité bilingue.
(AC): Non, si la volonté politique et les moyens ne suivent pas.
(MPQ): Il faut qu'elle s'accompagne d'un enseignement dans toutes les écoles primaires et secondaires et une utilisation pour certains enseignements.
(RD): Oui et non, si elle n'entre pas dans le « parlé » et « écrit » courant, c'est un travail de très longue haleine.
(NL): Oui, si les personnes s'en saisissent et que les moyens leurs sont donnés de l'apprendre et de la diffuser.
NON:
(BC): Pas sûr, pas de volonté réelle.
(PC): Non, nécessaire mais pas suffisant (ex: le gaélique en Irlande).
(FMD): Non, pas dans cette société mondialiste. Une langue unique mondiale est fervent d'un avenir pacifié, mais pour les raisons que j'ai déjà cité, les langues "minoritaires" DOIVENT survivre!
L'espéranto serait peut-être une solution !
(MCM): C'est la langue historique de la région mais peut-elle être officielle ? Pour la région, y a t- il suffisamment de locuteurs pour défendre cette idée?
Défendue, certes, et surtout soutenue dans les écoles qui sont le meilleur endroit pour avoir la transmission la plus grande possible. Si la langue bretonne devenait officielle cela ne la sauverait pas forcément. Je pense que ce sont les gens en la parlant et en la transmettant qui seraient d'abord les acteurs de sa survie.
10-3 Faire du breton une langue officielle?
Pour l'heure, il n'y a que la région qui reconnaît le statut officiel de la langue Bretonne...

Cette fois-ci, il y a beaucoup de réponses; Il n'y a que 16 % des gens qui n'ont pas répondu. Cela est un peu étonnant par rapport aux deux questions précédentes : 45% d'entre vous (en ce qui concerne le droit 10-1) et 59 % d'entre vous (en ce qui concerne le statut officiel 10 -2) n'ont pas répondu...
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Ainsi 74 % d'entre vous trouvent que ce serait une bonne chose de donner au breton un statut de langue officielle alors que 42% d'entre vous seulement, pour la question précédente, pense que le statut officiel peut sauver les langues. Les réponses sont donc bien plus positives lorsqu'il est question du breton. Cela signifie, peut-être, qu'il y a un véritable espoir que l'injustice envers le breton soit réparée... Qu'une justice supranationale puisse enfin s'exercer et légitimer la langue bretonne sur le plan international. Il n'y a pas beaucoup de confiance en la France pour que soit résolu positivement le problème des langues minorisées.
On remarque que les personnes nées avant le début des années 60 sont plus sûres d'elles sur cette question. Après cela devient moins net en ce qui concerne la nécessité de donner un statut officiel. De même beaucoup de gens nés après 1961 restent sans répondre: 50% d'entre vous.

Il y a beaucoup plus de raison pour attacher un statut officiel au breton plutôt que pour nier l'utilité du statut officiel.
LES GENS NÉS
AVANT 1961:
33 réponses = 91%
OUI:
- Il serait plus facile d'obtenir des moyens et des financements afin de sauver la langue.
- Le terrain législatif serait plus évident.
- La reconnaissance du breton deviendrait une réalité effective.
- C'est un moyen de s'opposer à l'uniformisation.
- Pour mieux unir les Bretons.
- Pour lui donner une dynamique durable.
(RV): La langue bretonne a toujours été officielle et le restera.
(NP): Oui, pour sa survie.
(LC): Oui, cela permettrait de reconnaître notre identité.
(RC): La langue est la mémoire d'un peuple.
(RC): Oui, sans reconnaissance de la part de l'état français, les besoins nécessaires à la sauvegarde de la langue, financiers en particulier, risquent de ne pas être suffisants.
(AC): Ça libérerait des contraintes juridiques, et permettrait son financement par l'état ; ça lui donnerait une plus grande visibilité et une reconnaissance de fait.
(LT): Kenofisiel Ya. Rediañ an dud araok e vefe dont war gil.
(CLF): Oui, je pense que c'est le seul moyen pour qu'elle soit préservée ; moyen pour lutter contre l'uniformisation.
(MPQ): Comme toutes les langues régionales.
(RT): Une évidence, chaque langue devrait pouvoir être utilisée ; d'ailleurs pourquoi sur les traducteurs seule la traduction français vers le breton n'existe pas ?
(LF): Cela obligerait l'état à ne plus mépriser ses minorités. Avec le statut de langue officielle je pense qu'il aurait l'obligation morale, on peut rêver, à ce que tous les bretons aient accès à leur langue. Tout faire pour favoriser l'enseignement.
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(LG): Oui, pour aider les bretons à se sentir plus unis et reconnus.
(BC): Oui, comme d'autres, comme le gallo, l'alsacien etc... Et le français serait le lien d'accueil et de politesse.
(PC): Parce qu'elle est un élément essentiel de la culture et donc de l'identité de la Bretagne.
(RD): Oui, sous conditions.
(CI): Oui, mais il y aura un grand travail culturel à faire. Le tout n'est pas de parler la langue.
(PB): Oui, c'est sûrement le bon moyen d'ancrer les choses dans le juridique et le long terme.
(FMD):Oui ET non ; la langue bretonne doit devenir une de nos trois langues officielles. L'anglais international en première langue, le breton à égalité et le français en langue d'usage inter-régional.
(MM): Oui, pour garder notre identité.
(FG): Oui, parce que les gens s'y intéresseraient plus.
(RL): La pérennité d'une langue passe par les textes officiels mais prioritairement par l'engagement des personnes concernées.
NON:
- Le breton d'aujourd'hui est artificiel car le nombre de bretonnants est trop faible.
- C'est très différent du breton de nos parents.
(FC): Son emploi est artificiel, une langue est langue quand elle est parlée par un peuple dans son quotidien.
(FD): Je suis très triste de cette perte mais je suis aussi très pessimiste et ne crois pas à la résurrection de la langue bretonne ou alors à quelque chose qui y ressemblerait mais qui serait autre chose que ce qui a existé et cela ne me satisfait pas.
Est-ce que le breton standard est si différent que ça de celui de nos aînés ? Comment puis-je, après avoir seulement appris le breton standard, lire assez facilement les textes du début du XXe de Hyacinthe KERNILIS ( paysan écrivain, voir document à la page 137 ). Il était certainement un homme moderne capable d'utiliser la langue du pays par l'oral, par la lecture et par l'écrit comme, plus tard, Angela DUVAL....
En vérité, la différence se situe entre la forme parlée et la forme littéraire de la langue et les échanges sont possibles pour l'ensemble des bretonnants quand chacun fait l'effort de vouloir vraiment communiquer... Chaque effort enrichit la langue : pour des bretonnants de naissance, c'est la possibilité de l'écrit, l'amélioration de la lecture et l'accès aux textes anciens ou modernes, pour les nouveaux bretonnants, c'est la valorisation de l'accentuation, la connaissance des expressions, la perception de la pensée spécifique propre à la langue.
Il y a de véritables enjeux pour le breton mais aussi pour l'ensemble de la société bretonne dont celui de la transmission inter-générationnelle qui occasionnent entre les générations des rapports singuliers et profonds... On est très loin d'une simple tradition. Il s'agit de connaissances : l'adaptation du pays au cours de son histoire, la vie sociétale qui en a découlé, les évènements historiques, la perception du monde...
Par ailleurs, la disparition du parler selon le Pays pourrait être considérée comme une des évolutions principales dans la longue histoire sociale de la langue. Mais, il serait vertueux que le breton littéraire et celui parlé par nos parents soient liés et non pas opposés... Une façon « noble » de sauver la langue... Certains essaient de le faire... Pour eux, l'écriture du « peurunvan » n'est pas encore réellement finalisée, mais elle est indispensable.
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APRÈS 1961
5 réponses sur 10 = 50%
OUI:
- Faire de la promotion pour la langue.
- Réhabiliter la langue et la rapprocher du statut du français.
- Pourvu que les gens soient beaucoup plus impliqués.
- Pour aider à la survie de la langue.
- Grâce au statut, l'avenir du breton peut-être assuré si il est utilisé dans l'activité publique.
(VA): Si les gens s'impliquent plus, pourquoi pas!
(NL): Oui, parce que ce serait la réhabiliter et lui redonner un statut égalitaire par rapport au français .
(LLL): Evit ober bruderezh d'ar yezh.
(BS): Oui, je pense que la survivance pourrait être maintenue comme elle l'est en Alsace, où les soubresauts plus récents de l'histoire ont certainement contribué à ce que l'alsacien reste plus vivant.
(CLG): Oui, parce que c'est l'espace public qui la sauvera.
NON:
- Une autre culture existe déjà : celle, du français.
- Le breton n'est pas assez parlé.
- On ne l'utilise pas pour voyager...
(NC): Pas encore, pas assez de locuteurs.
(PO): Non, ça ne changera pas grand-chose.
(SM): Non, elle ne permet pas le voyage.
(PC): Non, pour que la langue soit sauvée, il faut qu'elle soit vivante et utilisée le plus possible. Ce n'est pas de décréter quelque chose qui la sauvera. Il faut que les gens se l'approprient.
(IL): Je n'en vois pas spécialement l'intérêt qu'est-ce que cela apporterait.
(JB): Reconnue déjà ! Officielle, je ne pense pas, nous avons quand même une culture française, rendre la langue officielle serait à mon avis marginaliser les bretons, ils l'ont été assez par le passé.
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11 – VOTRE SENTIMENT AUJOURD'HUI
11-1 Quelles sont vos pensées sur la langue bretonne ?
21 réponses = 41%
On perçoit quatre attitudes différentes selon les réponses : Les personnes qui ressentent colère ou frustration, celles qui conservent de l'espoir, celles qui sont fatalistes et d'autres enfin qui se sentent tristes et désolées.
LA COLÈRE OU LE RESSENTIMENT S'EXPRIME SELON LES RÉPONSES CONTRE L'ÉTAT, L'ÉCOLE, NOS PARENTS ET LES BRETONS EUX-MÊMES :
(LC): Cela est dû à l'attitude de l'état qui a interdit à nos anciens de parler breton à l'école!
(LF): Une grande frustration. Un gâchis. L'état français à bien fait son boulot. Sans les culpabiliser, j'en veux quand même à mes parents...Mais ils ont cru bien faire....
(BC): Ils héritèrent d'une école uniformisatrice.
(MK): ar Vretoned ne reont ket strivoù a-walc'h.
(RD): Je pense d'abord qu'il s'agit d'un contexte économique basé dans tous les domaines sur « l'exploitation ». Nous vivons dans des sociétés très hiérarchisées et multiples qui n'ont plus de lieux communs entre-elles. Ainsi quand nous sortons de chez nous le matin, nous allons vers un monde totalement différent de celui que nous venons de quitter, les rythmes sont différents tout au long de la journée, et nous allons être confrontés par nos activités, par notre travail, à des éléments technologiques, des éléments de langages spécialisés ; un monde dans lequel, on ne peut penser ni interagir en breton. Le breton n'y est pas présent, si par bonheur, il y trouve une place, ce sera du fait d'un original, voire de quelques originaux qui s'expriment dans leur truc, leur machin, après tout ils ont bien le droit, maintenant cela se respecte ; quand vous passez à l'espace-temps « loisirs » : box, cinéma, théâtre, expos, etc..., entendrez-vous la musique de celle qui fut notre langue maternelle dans la bouche de quelqu'un, pourrez-vous lire un sous-titrage en breton ? Je serais étonné que vous me répondiez par l'affirmative.
Le compte n'y est pas, il règne cependant de louables intentions, on les écoute d'une oreille dans les hauts lieux de responsabilité politique ; dans notre belle région, comme partout dans l'hexagone, tout fonctionne avec l'argent public, tout est strictement règle- menté, tout est centralisé vers une hypothétique grande direction qui plausiblement est autorisée à prendre la « bonne décision ». Cela a déjà montré ses limites, jacobinisme, soviétisation, réduction à un individu social, le breton de la ville, le breton des campagnes a t'-il définitivement perdu son identité bretonne ? Que faut-il faire ? Nous sommes sûrement un « certain nombre » à nous poser cette question, et, je pense qu'il revient d'imposer de toutes les manières et le plus possible dans tous les espaces publics, notamment dans ce qui est commercial, foires-expo, super marchés, de façon inventive, nouvelle, ludique, esthétique même, nous sommes condamnés à être créatifs, à nous projeter dans l'avenir pour exister en parlant breton, mais il faut penser aussi à de nouvelles formes de subvention hors État pour cela, alors une forme de solidarité entre « breton » peut-elle exister ? Rien ne peut être réalisé de façon objective en dehors des contextes économiques et aussi politiques.
DE L'ESPOIR QUAND MÊME :
(LT): Ar yezh a ya war raok gant ar re yaouank.
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Peut-être ( mais, il faudrait vérifier la réalité des choses ) qu'il n'y a pas de pensées « négatives » chez les jeunes car ils ne sont pas « vecteurs » de la diglossie qui existe dans la langue bretonne pour notre génération. Ils se situent plutôt sur le terrain du droit ; c'est l'affaire du baccalauréat en langue bretonne par exemple. Je pense qu'il y a maintenant une coupure de plus entre les générations, dans la mesure où ils font preuve d'une posture différente vis-à-vis du breton. Ils le vivent plus simplement que nous, probablement sans complexe !
(AC): De la tristesse et de la désolation mais de l'espoir quand même, d'autant plus que les possibilités d'apprentissage sont maintenant beaucoup plus larges et accessibles soit en milieu scolaire ou extra-scolaire.
FATALISME :
(JS): Je ne sais pas s'il y a vraiment une désaffection des Bretons pour leur langue. Le brassage de population est tel que de vrais bretonnants, il n'en reste pas beaucoup ; récemment, il à été question dans la presse de la désaffection de Rennes pour le breton. Pour avoir été a Nantes récemment, je ne peux que confirmer la plus forte implication de cette capitale Bretonne dans la défense de notre langue.
Du fait de la séparation du Pays de Nantes du reste de la Bretagne historique, la langue bretonne devient pour les habitants un moyen de préserver leurs racines ; Et les gens de Loire Atlantique sont nombreux à se sentir Breton...59% des personnes quand même selon le sondage « Dibab », mois d'Août 2020.
(RC): Nous sommes pratiquement dans le même cas, à une autre échelle, que pour les dérèglements climatiques, nos enfants vont sans doute nous reprocher de n'avoir rien fait quand il était encore temps ; pour notre langue c'est un peu pareil (à moins que!).
Ce serait légitime de leurs parts!
(MP): On a perdu une partie de nous-même.
(RK): Re bloavezhioù kollet.
(RT): Un sentiment d'abandon dans mon éducation, puis dans la suite de mon propre parcours pro et personnel.
(JB): Il y a eu rupture de transmission dans certaine famille. C'est vraiment dommage !
(BS): Ce n'est pas de leur faute, tout a été mis en oeuvre depuis très longtemps pour que cette rupture s'effectue et ça a fonctionné.
Oui, mais... Qu'est-ce qui pouvait empêcher nos parents de s'adresser en breton à leurs propres enfants ? Toujours la même question: A cause de quoi ? Il faudrait pouvoir mettre un nom sur cette malheureuse réalité...
TRISTESSE :
(LG): Tristesse.
(BG): Oui je le regrette.
(NC): Un grand gâchis.
(NL): J'en suis attristée.
(GD): Dommage.
(PC): Déçue.
(CLG): De l'amertume
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11-2 Regrettez-vous que le breton aille à sa perte

LA COLÈRE:
- L'embrigadement mené par les gouvernements français.
- Plusieurs générations ont été écartées de l'apprentissage du breton.
- Le laminage des lois sous J. FERRY
- L'injustice.
- La perte de la langue sous la pression de l'uniformisation.
- La honte qu'ont dû subir nos parents et la coupure de la transmission qui en a résultée pour les générations suivantes.
- Les effets néfastes de la mondialisation pour les cultures du monde.
- La manière inefficace de gérer l'avenir de la langue en comparaison de ce que d'autres peuples ont fait.
(RG): Oui, les bretons ont été manipulés par les gouvernements français. Pétain et bien avant et ce n'est pas fini ???
(CLF): Oui, car je pense qu'il y a eu plusieurs générations qui ont été écartées de cet apprentissage du fait de l'interdiction faite à nos parents et ceux-ci, se sont bien adaptés à cette exigence.
Je pense que l'ensemble de nos parents pouvaient très bien conserver l'apprentissage de la langue bretonne à la maison comme certains ont su le faire... Je crois malheureusement que cette décision est bien plus un choix politique qu'un choix de changement de société imposé par la honte ou la notion de «progrès». Cela peut expliquer l'immobilisme politique en Bretagne depuis la seconde guerre mondiale. Mais cela reste à prouver.
(LF): C'est le travail de laminage depuis Jules Ferry. Sans le breton, il n'y a plus de Bretagne. La langue bretonne est le marqueur de la différence. C'est grâce à la langue bretonne que nous avons une si forte identité culturelle. C'est aussi grâce à elle que le mot Bretagne est si fort. Si par malheur elle venait à disparaître nous serions comme certaines de ces régions sans âmes que l'état détricote et change le nom au gré des « réformes ». Imagine la Bretagne transformée ou incluse en « Ouest de France ou Grand Ouest ». Heureusement, il y a tous ces noms de lieu qui fleurent bon le terroir. Le bilinguisme de la signalisation obtenu de haute lutte est heureusement là pour les mettre en mémoire.
L'uniformisation résultante de la mondialisation est peut-être paradoxalement une chance pour les langues minorisées ainsi que pour le breton.
Des prises de consciences se font jour en rapport avec la perte de sens qui s'attache à cette vision soit disant moderne de la société...
L'écologie en est une comme l'est aussi l'intérêt naturel pour les cultures et non pas « LA » culture… A noter cependant la perte de sens en ce qui concerne l'écologie malmenée là encore par une idéologie politique qui l'habite aujourd'hui.
Cependant, beaucoup s'interrogent et constatent des risques majeurs pour l'humanité. Jusqu'au concept d'« écologie intégrale » mis en avant par le pape ( samedi 8 juin 2020 ) dont le sauvetage des cultures fait partie... Cependant , on peut se demander si les langues font partie de ce concept ?
Peut-être faudrait-il initier, là aussi, un retour franc sur une éducation à la nature intra-familiale et non pas suivre aveuglément les partis politiques qui s'emparent par opportunisme, là encore, d'une réflexion avant tout populaire, propre et singulière à chaque peuple.
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(MK): Ne oa ket reizh.
(PC): C'était la langue de nos ancêtres et on a cédé devant l'uniformisation, on n'a pas su résister. On a réussi à ce que nos parents aient honte de leur langue au point qu'ils n'aient pas envie de la transmettre à leurs enfants.
(BS): Oui; je regrette cette volonté d'uniformisation; On voit les résultats de la mondialisation et ce qu'ils seront demain.
(JB): Oui c'est clair ! Les gens ont quittés le pays, d'autres avaient honte de parler breton, petit à petit le parler quotidien a disparu. Les Basques ont bien mieux gérés que nous, aujourd'hui tout le monde parle Basque, les enfants, parents, grands-parents.
DES REGRETS APPORTES PAR LE MANQUE DE LA LANGUE ELLE-MÊME :
- Culture – Histoire – Identité – Patrimoine – Racines – Manière de penser d'un peuple – Sentiment de faire partie d'un Pays, d'une histoire...
- Une langue est une partie de l'humanité.
- La langue maternelle est la langue de l'amour.
- Le bilinguisme est comme un cadeau.
- L'uniformisation s'est jouée de la langue au nom du « progrès ».
(LC): C'est notre culture et notre histoire qui risque de disparaître.
(NP): Oui, c'est notre culture, notre histoire, notre identité.
(AC): C'est un patrimoine inestimable qui sera très difficile de sauvegarder.
(MPQ): C'est une partie de l'humanité ( pensée, culture … ) qui se perd.
(CI): Oui, où sont nos racines.
(MFT): Oui, parce qu'une langue, c'est plus qu'un échange verbal.
(PB): Oui bien sûr; c'est une richesse incroyable qui s'en va avec la mort d'une langue.
(BT): Oui, chaque langue minoritaire ou pas est une richesse, la langue raconte la façon de penser d'un pays, d'un peuple.
(MM): Oui, car c'est un plus pour notre culture.
(FG): Oui, parce qu'elle fait partie du patrimoine.
(RL): Ya ; perte partielle d'identité...
(PO): Oui, la langue crée un sentiment d'appartenance à un territoire, une histoire.
(IL): Oui je regrette énormément; je regrette tant que mes parents ne m'aient pas appris le breton, au même titre que le français. Être bilingue dès l'enfance quel cadeau! Quelle richesse! Mais ils ont souffert dans leur jeunesse que le français leur ait été imposé, qu'ils aient dû délaisser leur langue maternelle, c'est terrible ; la langue maternelle est la langue de l'amour, celle avec laquelle ils ont été élevés.
Aujourd'hui, le breton peut toujours être une langue maternelle tout autant que les autres langues quand on s'adresse à un bébé et plus tard à un enfant... Les rapports construits en langue bretonne sont aussi bons qu'autrefois quand sont exprimés de véritables sentiments dans la langue, quand sont contées des histoires en breton, quand on joue en breton... Mais ce n'est pas facile. Cela peut encore être une réalité aujourd'hui à condition d'avoir un niveau adapté.
Voici donc, et malgré eux, certains nouveaux parents placés dans la même situation que nos grands-parents parlant un français peu sûr à leurs propres enfants. Et même si la place de l'enfant à pu évoluer au cours du siècle passé et prendre plus d'importance, on peut toutefois se demander si l'amour porté par nos grands-parents à leurs enfants était exprimé facilement en langue française ; le rejet de la langue bretonne ne devait sûrement pas faciliter la relation filiale ?
Trouver les mots en français n'allait pas de soi ; ceux de la vie quotidienne, les mots d'amour, les comptines, les mots pour consoler, pour encourager, les sentiments, les sons qui plaisaient aux enfants... Et le dilemme pour nos propres-parents, qu'en était-il ?
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(MCM): Oui, je ne peux que le regretter. Je ne la parle pas moi-même. Il y a eu une volonté de l'état d'uniformiser la langue du territoire, peut-être pour une meilleure adaptation des personnes au « progrès » qui a eu aussi ses bénéfices en termes de niveau de vie, mais cela reste dommage et se traduit par une rupture rapide en 1 à 2 générations de la perte de la langue du pays. Peut-être que ceci serait aussi arrivé de toute façon par le changement de vie et les échanges multiples et nécessaires entre les personnes d'un même pays... On peut se poser la même question pour beaucoup d'autres langues utilisées actuellement et même le français... si dans quelques siècles une langue, comme l'anglais ou une autre forme de langage, prend encore plus de place dans les échanges mondiaux... Les nouvelles technologies évoluent tellement vite....
(JPK): Ya evit ma sevenadur ha ma gwriziou.
CONSÉQUENCES SUR LA LANGUE:
- Les lieux d'expression en langue bretonne sont peu nombreux. Parler breton est donc difficile.
- Le breton ne sera plus parlé comme le faisait nos parents, ce sera différent.
- Nous sommes « la génération perdue »... La coupure s'est faite « par » notre génération.
- Grâce à « Diwan », la transmission s'est faite, mais la langue change.
- C'est la perte d'une langue riche, imagée...
- Perte de l'identité.
- Amputation de l'histoire familiale.
- L'incapacité de parler le breton apporte un sentiment de manque.
(RK): Diaes eo da gavout unan bennak evit komz.
(NC): Oui, parce que, même si elle tente de refaire surface, elle ne sera plus jamais parlée de la même façon. Je fais partie, paraît-il ( c'est une étudiante de Diwan qui me l'a appris ), de la génération « perdue »; celle par qui la coupure s'est faite. Celle à qui la génération précédente n'a pas transmis le breton, celle qui aimerait bien que ses enfants ou petits-enfants y reviennent.
C'est vrai que l'on parle de cette façon de notre génération mais ce n'est pas un qualificatif qui se veut négatif. C'est un constat seulement. Nous sommes « les gens perdus » quand on nous voit de l'extérieur... Mais, est-ce vrai ? C'est à chacun de savoir où il en est finalement !
(NL): Parce que c'est une belle langue, riche, imagée.
(GD): C'est notre richesse, notre identité.
(LLL): Chom a raio tud a ouio brezhoneg a-drugarez da Ziwan. Cheñchet vo blas ar yezh, mont a raio da goll an taolioù-mouezh, met bon... Pas da goll met cheñch a rayo.
(LG): Oui, car je ne la pratique pas alors qu'elle fait partie de mon histoire familiale.
(BP): Oui, c'est un manque qui m'est apparu très tard surtout quand je participe aux causeries avec les anciens.
AUTRE POINT DE VUE:
- Il y a eu un peu de transmission par la famille quand même.
- Ce sont nos parents qui ont souffert le plus.
- Un gâchis, un désastre, des dégâts...
- Et le français aura le même avenir ?
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(RC): On peut toujours avoir des regrets même si ceux qui en ont eu le plus sont nos parents.
Il y a eu des études effectuées sur la souffrance ressentie par les gens ayant perdu leur langue maternelle. Voici le point de vue du Docteur Pierre BOQUEL « Abandon de la langue maternelle, paradoxe identitaire, honte et pathologie » (30). Je trouve que son étude est très intéressante pour comprendre certaines choses : par exemple, le piège créé par « la caution morale officielle française ».
Selon Le Docteur Pierre BOQUEL :
« La pratique du signal » ou du « symbole » est l'un des procédés mis en place pour asseoir la disqualification de la langue maternelle, c'est un des trois piliers d'un dispositif plus vaste que j'ai appelé "dispositif d'impasse des « patois »". Le terme d'impasse est important car il n'y aura guère d'alternative pour l'enfant pris dans ce dispositif que d'abandonner sa langue première. Le dispositif est construit selon trois axes complémentaires. Chaque axe contribue à verrouiller un peu plus les autres.
Il y a d'abord l'axe principal de l'interdiction absolue de la langue régionale. Il ordonne les deux autres.
La mise au point de la méthode directe ou naturelle est le deuxième axe. Il fallait que le français adopte les caractéristiques d'apprentissage d'une langue maternelle, qu'il se charge pour les enfants de qualités intuitives puisées dans la relation maternelle afin que la substitution soit la plus naturelle possible.
Le troisième axe est la pratique du signal du « patois », chargé de faire respecter l'interdit premier. À ma connaissance, on n'a pas à ce jour identifié l'auteur de cette pratique qui s'est diffusée dans toutes les régions de France et même dans certaines colonies françaises.
L'espace où elle se déroule est celui de la cour d'école et parfois de la classe, le temps est celui des récréations, les inter-cours, du début jusqu'à la fin de la journée. L'objectif affiché est d'identifier l'enfant qui brave l'interdit en parlant « patois » afin qu'il soit puni. La méthode est la circulation d'un objet appelé « signal » ou « symbole », habituellement un objet « neutre », quelconque ( pierre, morceau de bâton, pièce de monnaie, etc. ) jusqu'à ce que le dernier détenteur soit pris et effectue la punition. Cette dernière peut consister à écrire des lignes ayant pour sujet d'abaisser la langue régionale par rapport au français, mais peut aussi se transformer en épreuves physiques plus ou moins dures. Je pense que la valeur pernicieuse de cette pratique ne réside pas tant dans le châtiment qu'en amont de celui-ci, dans l'acte même de délation : préférer que l'autre ainsi dénoncé soit punit à la place de soi. Et l'autre est un proche, un membre du groupe de copains...
Avec la question linguistique, l'enjeu est donc relationnel et affectif. La délation coupe les liens affectifs et dissocie le groupe. La visée est donc, à mon avis, plus groupale qu'individuelle : produire une pratique divisante à l'intérieur d'un groupe de semblables dans lequel s'effectuent des phénomènes d'identification importants à cet âge. Comment le jeune délateur pourra t'-il se reconnaître dans la bande de ses camarades de son village, ne bascule-t-il pas du côté de l'enfant conforme aux prescriptions requises par l'école ? Et, dans ce passage au conformisme républicain, il va être amené à renier tout ce qui a trait à ses conditions d'origines, langue et terre natale.
(30) «Abandon de la langue maternelle, paradoxe identitaire, honte et pathologie», Docteur Pierre BOQUEL, médecin psychosomaticien, spécialité psychiatrie, psychothérapeute. https://www.ieo-oc.org
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La pratique du signal participe à une dislocation des liens communautaires au sein d'une collectivité. Cette dilution des liens sociaux fait non seulement le lit des troubles morbides mais génère chez l'individu une perte de l'estime de soi, une dévalorisation sur laquelle s'appuie le sentiment de honte.»
« l'enfant ne peut ni être dans une relation affective avec ses camarades ni même avec ses parents car ceux-ci ont bien souvent validé et légitimé les moyens autoritaires employés pour que leur enfant apprenne le français.
Deux principaux paradoxes résultent de la pratique du signal:
1) l'enfant ne peut exister dans la relation à l'autre que s'il n'existe pas linguistiquement ( et donc affectivement ),
2) la langue maternelle étant la langue de l'affect, le parent l'emploie inconsciemment pour blâmer, l'enfant de l'avoir parlée, et de s'être fait prendre. La langue maternelle énonçant elle-même l'interdit de son usage fait naître une situation paradoxale et ne peut que produire de la confusion chez l'enfant. Nous l'avons vu, les conditions de la honte sont alors réunies avec une atteinte de tous les liens, la viabilité relationnelle et psychique du sujet est fortement compromise.»
« Or nous savons que tout traumatisme peut engendrer des pathologies à court ou moyen terme, certaines sont même parfois d'apparition très tardive par rapport aux évènements déclencheurs. Les connaissances actuelles sur l'état de stress post-traumatique montrent qu'une pathologie est susceptible de survenir chez le sujet exposé plus de trente ans après la survenue du facteur traumatisant. Cette période de silence est appelée « temps de latence » et, avec un certain humour, « période de méditation, d'incubation ou de rumination » ( Barrois, 1998, p 24 ).
Ce temps de calme apparent est variable d'un sujet à l'autre et il est probable que ce phénomène se retrouve aussi sur le plan collectif, c'est-à-dire que l'état de stress post-traumatique peut concerner un groupe, une communauté et s'étendre par répercussion sur plusieurs générations. »
Maintenant, voici ce qui est précisé par Fernand De VARENNES à propos des langues minoritaires : « Les langues de France ; intervention F D VARENNES, page 47» (31)
« Soyons clair : il n'est pas discriminatoire en soi pour un état d'adopter une langue officielle. Ce n'est pas la désignation qui compte. Il est clair qu'en droit international nous n'intervenons pas dans la législation d'une langue ou d'une religion officielle ; Ce qui compte, ce sont les effets concrets d'une politique ou préférences linguistiques sur les individus. »
Ainsi, quand on fait le lien entre les travaux réalisés sur la destruction d'une langue, entraînant de graves effets psychologiques, sociologiques, ou même physiques sur les victimes et l'esprit du droit international, il est évident que l'on ne peut pas laisser de côté les langues minoritaires... D'autant plus qu'il y aussi des conséquences concomitantes sur la perte des identités individuelles et collectives qui sont portées par ces langues... Philippe BLANCHET (32) lire à la page 110 « Les langues et façons de parler sont des attributs des personnes - Les langues et façons de parler sont des attributs des groupes - Les langues et façons de parler sont des ressources culturelles »
(LT): Graet ma lodenn : ur mab savet e brezhoneg. Skrivañ ha komz a ra ivez.
(FD): Bien sûr c'est un désastre!
(BC): Oui, du gâchis et à terme, malgré la loi Toubon, le français passera à la même moulinette ; Lorsque je travaillais, dans certaines circonstances, il' était reproché de ne pas savoir écrire l'anglais ( électronique ).
(CLG): Oui, parce que les dégâts sont énormes.
(31) « Les langues de France », Fernand De VARENNES Université de Mancton Canada, Rapporteur à l' ONU.
(32) « Entre droit et glottophobie, analyse d'une discrimination instituée dans la société française », Philippe BLANCHET, Professeur de sociolinguistique et didactique des langues. Les cahiers la LCD vol 7, n° 2.2018. pp 27-44.
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11-3 Pensez-vous avoir été influencé d'une façon ou d'une autre quand vous étiez jeunes ?

OUI, NÉGATIVEMENT:
- Par l'école, les médias, l'état jacobin : Ils ont déprécié et/où combattu la langue bretonne.
- L'évolution de la société a été si rapide que les Bretons ne se sont pas préoccupés des problèmes locaux...
- Par la manière de vivre de la société.
- Parce que rien n'a été fait pour parler breton.
- Les jeunes n'ont pas été sensibilisés à la langue bretonne...
- La politique de la France était contre les langues minoritaires. Et selon moi, elle l'est toujours...
- C'était « dépassé » c'est-à-dire « plouc ».
- À la maison.
- Par l'influence du français lui-même...
- Par la pression des autres...
(LC): Oui, à l'école la langue bretonne a été ignorée.
(PC): Bien sûr, comme beaucoup de bretons, à cause de la politique menée par l'État contre les langues autres que le français, je n'ai pu apprendre celle qui aurait dû être ma langue maternelle, le breton. J'en conçois une grande déception et une grande frustration.
(MM): Oui, du fait que mes parents avaient interdiction de parler le breton à l'école et donc ne m'ont pas poussée à l'apprendre.
(RL): Absence d'enseignement primaire et collège...
(AC): Par l'évolution rapide de la société qui nous à fait voir et découvrir toutes sortes de choses au point qu'on a même pas vu les problèmes de proximité.
(FD): C'était la société entière qui vivait de cette manière.
(LT): Ya n'oa ket priziet.
(CLF): Oui, car rien n'a été fait pour que je parle breton, mais je n'avais aucune interrogation par rapport à cela.
(RK): Er bloavezhoù 70 ne vezemp ket kizidikaet gant ar yezh : erruet e oa war-lec'h.
(CI): Oui, c'était « plouc » de parler breton.
(MK): Ya penn da benn gant an endro, ne oa ket un dra bouezus, un emgann gward a-dreñv eo a lare kalz a dud.
(BP): Je pense que c'était implicite parce que je vivais en ville.
(PB): Oui, nos parents ( des campagnes surtout ) ont subi une telle influence de la langue française qu'ils n'ont pas mesuré qu'ils perdaient un trésor qu'ils ne transmettaient pas aux générations suivantes.
(LG): Oui, parce que mes parents et en particulier ma mère avaient un lien très négatif avec la langue bretonne et ne voyait aucun intérêt à nous communiquer ce qu'ils connaissaient ; Ils ont modifié leur vision lorsque ma jeune soeur de 7 ans a souhaité apprendre le breton au collège où l'enseignement débutait.
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(BLP): Oui, pour mes parents, le breton c'était « dépassé ».
(GD): Oui, j'aurais aimé que l'on continue à me parler breton.
(VA): Oui, Je pense en effet, ma mère me disait que ça ne me servirait à rien plus tard et qu'il valait mieux que j' apprenne le français par rapport à l'école, pour être meilleure en français.
(FMD): Oui, par l'école, la société, les médias, le pouvoir jacobin, etc...
(FG): Oui, parce que je n'osais pas me différencier de mon entourage.
(NL): Oui, certainement. Si la langue avait été respectée et acceptée par les hommes politiques, autorisée à l'école, j'aurais eu envie de l'apprendre et la génération de mes parents aurait encouragé son apprentissage.
(BS): Oui. Les objectifs de l'état français étaient déjà atteints. La ré-injection du Breton sous forme d'option au collège relevait du folklore.
POSITIVEMENT :
- Des gens la parlaient.
- Les années 70 ont apporté un nouvel élan.
- Des gens étaient très convaincus de l'utilité de la langue.
(MFT): Oui, parce que ma mère et ma grand-mère le parlaient.
(BT): Oui, par l'énergie qu'il y avait dans les années 70/80.
(PC): Oui, positivement grâce à mon père qui a voulu absolument que je la parle.
NON, JE NE L'AI PAS ÉTÉ :
- Bien que la société fût partagée à-propos du breton.
- Parce que la jeunesse était inconsciente.
- Il y avait l'interdiction de parler la langue. C'était comme ça.
(LLL): Klevet 'moa soñjoù disheñvel, tud evit ar brezhoneg, tud eneptañ. A-benn ar fin 'meus graet ma soñj din-me!
(MCM): Lorsque l'on est jeune, on ne se rend pas compte de ce que cela implique et pour les jeunes, ce qui est ancien, du temps des grands-parents et même des parents est forcément dépassé, c'est une réaction « normale » de l'adolescence...
(JB): Ce sont nos grands-parents et nos parents qui ont subis ce matraquage à l'école, avec l'interdiction de parler breton, la marche arrière est très dure à passer ! Les dégâts sont irréversibles ! Même si la volonté est là de continuer à être breton !
JPK): Nann ! Perak voe nemet breizhoneg war ma dro.
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12 – SI VOUS ÊTES PROCHE DE LA LANGUE BRETONNE, AVEZ-VOUS DES COMPORTEMENTS QUI L'AIDENT A SE MAINTENIR ?
12-1 Seriez-vous prêt à apprendre un peu plus de breton ?

Il existe une envie; environ 62% de gens ont envie d'approfondir la langue bretonne... Ce qui est un chiffre très élevé finalement si on tient compte de la pression exercée sur notre génération...
Mais il y a des freins. Ainsi, il est nécessaire d'offrir des façons de faire appropriées pour répondre aux besoins des gens...
DES FREINS : Quelques remarques mettent en avant des difficultés ou des souhaits.
1- L'utilité ?
(VA): Pour ma propre culture pourquoi pas, mais dans la vie courante ça ne sert à rien!
2- Façons de faire ?
(RC): La retraite permet des opportunités si elles se présentent, peut-être y a t'-il quelque chose à faire pour multiplier et faire connaître les structures permettant d'apprendre la langue de manière attrayante, voire ludique!!
(PC): Oui, mais dans le cadre d'un contexte porteur, dynamique, incitatif. Seul, je n'aurai pas le courage de m'y atteler.
(BS): Non, pas dans les formats proposés.
(LG): Oui, mais je sais aussi que c'est une langue très difficile.
3- Les liens avec la langue du Pays Bigouden?
(CLF): Oui, mais un breton parlé comme celui utilisé par mes parents pour que je me remémore cette partie de ma vie, les échanges, les chants que j'avais ou à le réapprendre.
(TQ): Oui, mais seulement à l'oral pas à l'écrit.
(FMD): Oui, mais à une condition ; qu'il me soit enseigné par un Bretonnant de naissance et comme je n'ai plus le goût des études fastidieuses, je choisirais qu'on m'enseigne le Breton traditionnel au cours de conversations de mon pays Bigouden en préférence à celui qu'on nous impose dans les médias régionaux. Vous voyez, ce n'est pas simple ; j'aimerais une Bretagne fédérale avant une Europe fédérale, mais peut-on satisfaire tout le monde ?
(RL): Oui ( uniquement l'oral pas l'écrit ).
(MM): Non, même si je regrette de ne pas l'avoir appris avec mes parents quand j'étais jeune ; de plus je comprends le breton local mais pas le littéraire.
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(NC): Non, j'ai voulu tenter, mais j'ai abandonné au bout de deux ans, car je n'avais pas toujours l'impression d'apprendre la langue de mes parents et grands-parents ; une langue évolue, c'est entendu. De nouveaux mots apparaissent, c'est normal. Mais nos anciens n'ont pas suivi et sont complètement largués;
La revue « Preder » le confirme ! Et, à cause de ça, l'équipe de la revue a été très déçue... Mais pourquoi les Bretons n'ont pas suivi ? N'y avait-il aucune confiance dans les personnes qui ont tenté d'en faire la promotion ? Le « peurunvan » devait-il être tout de suite rejeté ?
Quand on parle avec des personnes qui ont été au début de « Diwan », on comprend que c'était encore une époque très dure pour le Breton aux alentours de 1980.
Ce qui me chagrine le plus, c'est que les gens qui l'étudient aujourd'hui le parlent avec un accent français très prononcé et font complètement abstraction des intonations qu'on entendait autrefois. Toutefois, cette expérience n'a pas été complètement négative ; j'ai appris des choses, obtenu des réponses ou des explications à des choses que je ne maîtrisais pas et que mes parents ne parvenaient pas à m'expliquer ( combien de fois n'ai-je pas entendu; « c'est comme ça c'est tout », parce qu'ils ne connaissaient pas la moindre règle de grammaire. Mais, à moins de pouvoir le parler avec des anciens dont c'était la langue maternelle, ça ne m'intéresse pas de parler avec ceux dont le français et la langue maternelle ; cela n'a plus rien à voir, je ne m'y retrouve pas. Donc, je considère que à 58 ans, c'est mort pour moi, et j'accepte douloureusement de faire partie de la « génération perdue ». Les écoles bilingues n'existaient pas non plus ou à peine lorsque mes enfants ont été en âge d'aller à l'école. Si elles avaient été répandues à ce moment-là, je les y aurais inscrits, de toute évidence, pour qu'ils fassent partie de la génération qui ait une chance de faire redémarrer le breton.
(NL): C'est trop tard pour moi. Je n'aime pas le breton qui est enseigné, celui que parlent les jeunes à la télé ou à la radio. Il a perdu de sa saveur, il est sans couleur : pas d'accent... J'ai du plaisir à entendre des personnes âgées parler le breton dans ma commune et à la radio.
4-Les lieux de pratique du breton ? Les bretonnants ?
(JB): Pour l'apprendre, il faut le parler quotidiennement, et mettre les anciens en contact avec les plus jeunes pour reparler le breton.
Tout à fait! Et nous faisons aussi parti des anciens avec notre bagage personnel vis-à-vis de la langue bretonne... Mais, si nous ne pouvons pas transmettre la langue parlée aux jeunes, nous sommes en mesure de leur en donner l'envie... Car nous savons ce qui s'est passé!
(BLP): C'est très bien de l'apprendre encore faut t'-il la pratiquer.
(CI): Non, car je n'ai plus personne à qui le parler dans ma sphère familiale.
12-2 Je parle dès que je peux le faire ?
24 réponses: 47%
31% des personnes le font
4% quelques fois
12-3 Le breton est une langue de communication autant que les autres ?
16 réponses: 31%
20% disent que oui
6% estiment qu'elle n'est pas encore une langue de communication.
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12-4 Vos enfants ont-ils appris le breton ?

1) Il est intéressant de comparer ces chiffres avec ceux donnés dans le tableau n° « 2-2 Vos parents vous parlaient-ils en Breton. »
Ainsi, 20,5% de nos parents en Pays Bigouden ont fait en sorte que soit transmis la langue bretonne à leurs enfants alors que 29,5% des parents de notre génération ont pris la même décision (dans le tableau ci-dessus)...
Et 38 % des parents, autrefois, (2-2) n'ont pas transmis la langue à leurs enfants pour 25,5% d'entre nous aujourd'hui (ci-dessus). C'est donc mieux! Et une dynamique existe aujourd'hui grâce certainement à un changement d'état d'esprit vis-à-vis de la langue bretonne.
Cependant, cela n'est pas vrai par rapport au nombre de locuteurs. Et la transmission reste assez faible finalement... De plus, la transmission aujourd'hui est faite à l'école ce qui n'existait pas auparavant.
- Ainsi, la volonté d'employer le breton par les jeunes peut-être affaiblie par le manque d'affect exprimé en breton au sein de la famille, le fait que l'on ne joue pas en breton avec les autres membres de la famille... Ou bien par le fait du faible nombre de famille dont les membres parleraient un breton courant... Ou encore, à-cause de la diglossie apporté par le breton standard au sein de la société bretonne.
- D'un autre côté, les enfants peuvent corriger leur breton... L'écriture sera une nouvelle possibilité... La littérature bretonne contemporaine existera de même que la perception du breton en tant que mode de communication effectif.
- Et peut-être nous serait-il sage de rétablir la vieille langue en nous aidant de celle de nos parents?
Pour les jeunes qui parleront un bon breton, je crois qu'il leur sera, dans l'avenir, plus facile de donner un sens plus naturel à l'apprentissage en breton de leurs enfants ; Les personnes de la première génération qui ont appris le breton à l'école sont aujourd'hui parents mais ils sont trop peu nombreux pour influencer les pourcentages.
2) Quand on additionne les réponses « Oui » avec la réponse « UN PEU » on obtient un chiffre qui marque la volonté de garder la langue bretonne vivante 29,5% + 19,5% = 49%. Alors que 25,5 % des gens n'ont pas ce genre de préoccupation.
3) Par ailleurs, on peut tenir compte de l'influence de nos parents sur l'état du breton aujourd'hui :

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- Ainsi, il y a quasiment une famille sur 2,5 qui a transmis véritablement la langue bretonne quand vous, les parents, avez été élevés en breton.
- Une famille sur 3 quand vous avez entendu « quelques fois » ou « souvent » le breton pendant votre jeunesse.
- Et une famille sur 7, quand même, qui a fait en sorte d'élever ses enfants en langue bretonne quand vous n'avez pas entendu du tout de breton pendant votre jeunesse.
A propos des deux derniers groupes, la transmission de la langue peut, peut-être, être établie sur un sentiment d'angoisse ou sur la dynamique du nouvel élan en faveur de la langue bretonne, apparu il y a quelques années maintenant.
Quelques personnes sont opposées à la langue bretonne aujourd'hui du fait du breton standard jugé bien trop éloigné du breton bigouden selon eux, trop éloigné de leur enfance, mais aussi, du fait de certains évènements survenus pendant la deuxième guerre mondiale.
4) La transmission et la perte...:
- Capable de parler breton : référence p 17 ( 2-1 Ha brezhonegerien a-vihanik a oa ho tud ? )
Sur 100 personnes, il y avait autrefois 87% de locuteurs. 22% d'entre eux, se sont toujours adressés en breton à leurs enfants ( manière toujours naturelle, à ce moment là encore, de transmettre la langue ) ; c'est-à-dire, qu'il y a 19 personnes ( parmi vous ) sur 51 qui ont été élevés en breton. Parmi ces 19 personnes, 14 % d'entre vous ( sur 51 ) mentionnent parler un breton courant, ce qui représente 7 personnes véritablement bretonnantes. Et les 12 autres personnes expliquent être capables de le parler mais avec moins de facilité.
Aujourd'hui, vous mentionnez 11 enfants au moins qui ont appris le breton.
Et en ce qui concerne les petits-enfants, 10 au moins, ont suivi l'école puis le collège en langue bretonne.
Ainsi, pour notre génération, il y a, au moins: 19 personnes élevées en breton, puis pour les générations à venir, 15 enfants bretonnants et 10 petits-enfants pour la 5ème génération... De plus, certains forment le projet de scolariser leurs enfants en breton...
Si l'on compare ces chiffres, il n'y a pas grande différence entre les générations : la coupure vécue par notre génération a écrasé, parmi nous, le nombre de locuteurs. Cependant, il semble que les chiffres soient aujourd'hui presque stables : 15 bretonnant pour la 4ème génération et maintenant 10 pour la 5ième génération, parmi les jeunes pour l'instant... En effet, la scolarisation de cette dernière génération n'est pas terminée et d'autres enfants peuvent naître et être scolarisés aussi en breton..
La plus grande différence quand même est la transmission elle-même. Faite par la famille auparavant, elle est, aujourd'hui, réalisée par l'école pour les enfants et pour les petits enfants.
- Capable de comprendre : sur 87% de personnes qui utilisaient le breton autrefois, il ne reste plus que 63% d'entre nous capables de le comprendre en plus de ceux qui le parlent. ( selon la première partie: VOTRE NIVEAU DE BRETON AUJOURD'HUI ). C'est-à-dire: 87%*63% = 55% des personnes de notre génération: 1 sur 2 .
- Capable d'écrire : Je ne peux pas préciser les choses parce que je ne connais pas le nombre de personnes capable de le faire; Mais, on peut mentionner 18% des personnes qui sont à l'aise pour l'écrire. Vos réponses écrites en breton expliquent ce résultat.
- Globalement :
Aujourd'hui, le niveau des gens a augmenté ; Par rapport à la question 2-3 NIVEAU DE BRETON plus de 23% ont amélioré leur breton ( 43% niveau plus haut moins 20% niveau plus bas ). A noter aussi, le désir perceptible d'aller plus loin avec la langue bretonne pour 62% d'entre vous aujourd'hui 12-1 Seriez-vous prêt à apprendre plus de breton? Ainsi, l'envie de mieux le parler ou bien de l'utiliser plus est donc bien une réalité. C'est un bon signe !
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Niveau plus élevé = 22 = 43% Grâce à des leçons : 5 personnes.
Au lycée : 1 personne.
Grâce à une formation : 1 personne.
A l'université : 1 personne.
Seul 6 personne (échanges, médias, chorale, stages) ce qui est mentionnés : Radio Bleue Breizh Izel, RBO, Mervent, Skol an emsav, Méthode Assimil
Niveau plus faible = 10 = 20%
De même niveau = 16 = 31%
Sans réponse = 3 = 6%
12-5 Est-il important que des personnes défendent la langue ?

OUI, pour des raisons de culture et d'identité:
(RC): OUI, car une langue est une richesse et la mémoire d'un peuple...
(LC): Pour garder notre identité culturelle.
(RC): Au minimum, le patrimoine doit être conservée, cette langue à des couleurs qui n'existent que dans ses expressions et son parler, avec ses particularités locales à sauvegarder.
(LF): Bien sûr comme je l'ai déjà dit, le breton c'est l'âme de la Bretagne, c'est son identité.
(BC): Oui, pour être nous-mêmes et le fait de parler le breton n'empêche pas de parler d'autres langues.
(TQ): Oui pour ne pas oublier.
(LG): Pour garder notre identité culturelle.
(MM): Oui, parce que c'est notre identité.
(SM): Oui identité de la région.
OUI, pour des raisons de droit :
(MP): Si personne ne la défend, elle s'éteindra.
(LT): Gwirioù ha deverioù mab den.
(AC): C'est une condition Sine qua non à sa survie et à son développement.
(MPQ): Il faut se battre pour conserver la culture bretonne et la langue en fait partie.
(RK): Hep gwirioù , n'eus ket moaien mont pelloc'h.
(PC): Indispensable; Merci à eux pour leur engagement.
(RD): Oui pour ceux et celles qui le peuvent, je pense que c'est un devoir comme celui de sauver une vie humaine pour quelqu'un du corps médical.
(MK): Ya ; Bez ez eus meur a zen o lavarout «Mat e vefe» met hep ober netra o-unan. Dav en em hejal.
(PB): La préservation d'une langue est une cause juste.
(RL): Afin que le nombre de bretonnants augmentent, il est essentiel que des militants agissent...
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(VA): Oui, elle a le droit d'exister comme toute autre langue, c'est une richesse après tout.
(LLL): Un doare da saveteiñ ar yezh eo.
(CLG): Oui, sans eux pas d'espoir.
(LLB): Oui, car c'est nécessaire de maintenir une forme de pression si on veut la sauver, de lui-même « Paris ne fera rien ».
(JB): Je participe aux actions comme la REDADEG, le Kan ar Bobl en tant que bénévole. Car c'est une langue et non un patois ! Si on ne fait rien elle disparaîtra !
AUTRES AVIS :
(MMC): Je suis heureuse que mon fils apprenne le breton ( il est bilingue et comprend une conversation à la radio par exemple et sais répondre à une personne qui lui parle en breton ). Je suis fière de notre culture bretonne mais je pense que chacun doit faire ses propres choix. Je n'ai aucune légitimité à encourager les gens à conserver la langue bretonne si je ne la parle pas moi-même. J'aimerais qu'il puisse garder la compréhension et l'expression de la langue en étant adulte, mais cela dépendra de lui.
(JPK): N'eo ket aes.
12-6 Avez-vous essayé de convaincre d'autres personnes qu'il est important de garder le breton vivant ?

« C'est difficile à faire... » est le sentiment qui revient le plus souvent.
(JS): Oui, mais c'est comme chercher de l'eau dans le désert, les oasis ne sont pas nombreuses.
(MP): Pa oan ur bugel bihan ne gomprene ket an tudoù gozh. Deuet int da gompren.
(RK): Muioc'h-mui a dud a zo dedennet gant ar yezh.
(RT): C'est difficile, anglais, mandarin.... Critère économique d'abord...
C'est vrai! Une langue coûte cher selon Denez PICHON... Quel intérêt économique peut apporter une langue minoritaire? Il y a sûrement des avantages quand on tient compte du nombre d'entreprises qui mettent en avant leur identité bretonne... Aussi, les entreprises devraient prendre part au sauvetage de la langue bretonne d'une façon ou d'une autre.
(LLL): Meur a hini a soñj ne dalv ket ar boan!
(JYK): A-bep seurt traoù ' vez klevet digant an dud!
(BP): Oui, mais sans grand succès.
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13 – DES REMARQUES QUE VOUS SOUHAITERIEZ AJOUTER ?
32 réponses: 63%
(FD): Quand je suis arrivée en pays Bigouden j'ai adoré écouter les anciens que je côtoyais beaucoup de par mon métier et aussi des gens de mon âge qui parlaient breton/français ou l'inverse, c'était un éblouissement pour moi et j'ai appris avec ces personnes des termes utiles dans mon métier ou qui étaient drôles, mais pour autant je ne sais pas pratiquer la langue ni suivre une conversation complexe contrairement à mon mari, Bigouden pure souche, qui utilise au quotidien beaucoup d'expressions locales. Pour moi ce que je déplore quand on parle du breton c'est que la plupart du temps on met l'accent sur la langue, on y met des moyens même si ils sont considérés trop faibles, mais on oublie tout ce qui existe encore de notre culture : les anciens qui aimeraient parler entre eux mais qui se retrouvent seuls, le fond photographique impressionnant de toutes les familles qui n'est pas sauvegardé par un fond dédié départemental ? Régional ? Traduire les panneaux directionnels montre à nos visiteurs qu'ici une langue a vécu est que l'identité est forte comme lorsqu'on arrive au pays Basque mais ce qui nous reste et pour peu de temps, on oublie de le préserver. Mon père savait dire des poèmes en breton qui parlaient du rouge-gorge, du merle, ( j'espère retrouver ses écris en phonétique ). Comme je l'ai dit plus haut, nos anciens ne savaient ni lire ( ou seulement les cantiques ) ni écrire le breton, aujourd'hui sur ma commune on traduit tout en breton sur les revues municipales, sur les cartons d'invitation, sur les affiches, mais seuls ceux qui ont suivi les cours savent en prendre connaissance, combien? , je trouve que cette disproportion entre les moyens mis pour la langue et ceux pour sauvegarder le patrimoine culturel est désolant ! J'aime la langue bretonne mais j'avoue que ce sont mes souvenirs que j'aime : celle que parlaient mon père, ses voisins, ma grand-mère, une langue marquée par un accent fort, une langue fluide, ponctuée de rires. A présent j'entends chez les nouveaux locuteurs une langue hachée, des « euh.. » de recherche des mots, un ton monocorde… J'ai le regret profond que la langue ne m'ai pas été transmise lorsque j'étais enfant alors qu'elle aurait eu les qualités d'une langue apprise naturellement, mais je comprends le contexte de cette époque, les choix de mes parents dans les moments d'après-guerre. Je ne suis pas trop objective sans doute mais voilà pourquoi le plaisir d'écouter cette langue est chaque fois déçu par une « imitation » qui me semble de mauvaise qualité.
Pour ma part, je trouve le breton difficile du fait qu'il faille connaître le vocabulaire, savoir utiliser la grammaire, placer les mutations très nombreuses, réapprendre le genre des choses qui sont différents des genres en français, rechercher la meilleure prononciation possible dont celle des liaisons influencées, parfois, par le féminin, le masculin, la possession, par la présence de consonne en fin de mots suivi par une voyelle.., et s'imprégner de l'esprit de la langue qui est un but difficile à atteindre parce que notre cerveau a été formé en français...Il faut donc faire attention à ne pas substituer à la langue bretonne les tournures françaises. Et cela, sans aucun secours des anciens, quand ce n'est pas quelques moqueries exprimées à l'encontre des jeunes bretonnants ou bien, entendre la sentence polie mais implacable « ça, c'est le breton des livres ! » de certaines personnes souhaitant couper court à tout échange avec des nouveaux bretonnants.
Quand vous cherchez un mot quelconque, vous réfléchissez en même temps à l'ordre de la phrase sans oublier qu'il surviendra sûrement à cause de telle ou telle règle, une mutation nécessitant un son différent... Mais vous serez tout de même satisfait parce que vous n'oublierez pas de bien placer le bon accent sur une expression bien connue du pays...
Donc oui! Il y a des hésitations dans les conversations... parce que le cerveau devient un véritable ordinateur qui fonctionne sans arrêt... Et c'est vrai qu'il faudra à la personne qui apprend une longue période de travail puis une autre et encore une autre pour essayer d'atteindre le niveau de ses parents. Les anciens ont appris leur langue dès le plus jeune âge de manière naturelle...Quel exploit y a t' il à cela ? Cela leur a été facile du fait qu'ils ont été soutenus par leurs propres parents ce qui n'est pas vrai en revanche pour les nouveaux apprenants de la langue bretonne, à l'heure actuelle tout au moins.
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Un choix a été fait par nos parents et globalement, il ne reste que l'écrit et la lecture aux stagiaires en langue bretonne. Malgré l'investissement des professeurs, le parler reste à améliorer constamment. Cette confrontation entre le parler traditionnel et le parler d'aujourd'hui apporte une coupure inter-générationnelle supplémentaire. Il me semble bien plus sage de tenir compte de cet obstacle qui ne devrait pas exister compte tenu du choix malheureux de nos aînés!
Cependant, je suis d'accord avec vous, cela n'empêche pas les nouveaux locuteurs de rechercher à améliorer leur parler, d'une façon ou d'une autre et de se rapprocher de la musicalité de la langue plus ancienne. J'ai moi aussi une écoute qui me heurte parfois quand j'entends un breton qui s'écoule pourtant de manière assez fluide mais sans l'accentuation ni la rythmique que j'entendais dans mon enfance ; En revanche comment pourrais-je en faire le reproche compte tenu de la politique d'éradication auquel le breton comme les autres langues minoritaires ont dû faire face ? J'ai, au contraire, de la sympathie pour ceux qui apprennent car je suis comme eux, probablement à la recherche de ce que l'on à tenter de m'arracher : mes racines.
C'est aussi pourquoi je ne crois pas à sa survie, elle est trop peu parlée à la façon d'une langue maternelle. Merci pour votre enquête, j'avais envie de dire ces choses mais n'étant pas « politiquement correcte » mes amis enseignants Bretons n'apprécient guère et je ne peux argumenter avec eux…
(RV): Dans notre société au nom du modernisme les choix qui ont été fait ont souvent occulté la valeur humaine en France mais aussi dans les autres pays appauvrissant nos cultures et aujourd'hui au nom de l'écologie nous essayons de sauver des plantes ou des races d'animaux en voie de disparition et l'homme est devenu un esclave sans racine de la surconsommation et de l'argent.
(BG): J'ai appris plusieurs langues étrangères que je pratique encore aujourd'hui; je me demande parfois si le breton que j'ai entendu quand j'étais enfant ne m'a pas facilité cet apprentissage.
(TQ): La langue bretonne est belle lorsqu'on l'écoute mais pour moi à la condition qu'elle soit locale, que ce soit familiale, doux sécurisant à entendre, étant jeune, je l'entendais souvent lorsqu'il y avait des ordres ou des consignes liés au travail des champs car les animaux de la ferme ne connaissaient que les ordres donnés en Breton, le cheval et les vaches ; il y avait le ton de la voix, c'était très bref et compréhensible, les mots d'échange étaient très limités.
Mes parents disaient que l'on avait inventé des mots en breton qui ne voulaient rien dire pour eux, c'est pour ça qu'ils n'ont pas voulu l'améliorer, leur vocabulaire toujours oral, ils n'ont jamais appris à lire et écrire le breton, pour eux ça n'existait pas, le français est devenu plus utile bien qu'ils étaient nés en 1912 et 1920.
(PO): Je pense à regret que la perte d'usage de la langue bretonne est inexorable, on part vraiment de trop loin, car j'ai constaté que même en Irlande où le gaélique irlandais est la langue officielle, très peu de gens le parle, et que cela reste confiné à de petits territoires.
De plus l'appétence des jeunes générations pour la langue bretonne est très limitée, comme pour d'autres d'ailleurs ; je parle en connaissance de cause sachant que mes enfants qui possèdent la double nationalité Français / Malgache ne connaissent pratiquement pas la langue de leur mère.
Je pense que cela n'est pas du tout la même situation. Toutefois, on peut, quand même, comparer l'état de la langue bretonne à celui du gaélique. Pour cela, il ne faut pas oublier que l'Irlande est un pays libre et indépendant. Même si les langues sont des marqueurs de l'identité des peuples, les Irlandais n'ont plus vraiment besoin de leur langue originelle pour le démontrer, du fait justement de leur indépendance. En Bretagne, nous sommes soumis à l'autorité française et nous ne choisissons pas vraiment notre avenir. Ainsi, la langue du pays marque une manière de vivre et s'oppose surtout à l'assimilation. Selon moi, il ne restera pas grand-chose de la Bretagne sans ses langues originelles (Breton et gallo), ce qui pour l'Irlande, n'est plus un problème, aujourd'hui au moins.
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On peut noter cependant que les Irlandais à nouveau munis du gaélique irlandais lutteraient de fait contre l'uniformisation... Mais compte tenu de leur faible participation aux ICE Européenne pour la protection des langues et des minorités, je ne crois pas que le gaélique irlandais soit pour eux une vraie préoccupation, à l'heure actuelle.
(LC): En plus de retrouver l'usage de sa langue, la Bretagne mériterait aussi de retrouver son territoire historique avec ses cinq départements.
(LF): Un grand merci de m'avoir permis de m'exprimer, il y aurait tellement de choses à dire car c'est un sujet sensible. Le fait d'avoir été « exilé » à renforcé mes liens avec la Bretagne. J'aurai préféré pouvoir remplir le questionnaire en breton...peut-être un jour. J'espère que mes réponses correspondent à ton attente. En tout cas bravo de t'être investi. Quelle satisfaction!!! Ur wech all. Louis.
(NP): J'ai beaucoup souffert des questions sur mon nom de naissance à consonance hispanisante ; Quittos qui a été donné au grand-père arrivé sans identité à l'assistance publique. Je devais décliner les autres noms des grands-parents: Helias, Le Guellec, Morellec pour me faire valoir d'ici. C'est à cause de cela que je participe aux associations liées au patrimoine et que j'ai une addiction à la généalogie. Toutes les familles des grands parents viennent de Treogat, Plovan, Peumerit, Plozevet, Ploneour Lanvern, Beuzec Cap Caval, Plozevet, Plogastel St Germain, Combrit, Plomelin.
(JS): Il m'est arrivé de faire l'interprète au travail avec une grand-mère qui ne s'exprimait qu'en breton. En Corse le fait d'être breton vous ouvrait bien des portes.
(BT): Non à part qu'il faut continuer à y croire et à se battre...
(BP): Il faudrait que l'on puisse mettre en oeuvre un plan comme au Pays de galle. En particulier, créer des médias en continu, chaîne de télévision et radio en breton. Actuellement, c'est encore marginal.
(BS): Je pense que la transition écologique et l'apport d'une plus grande masse de travail serait de nature à favoriser un autre retour à la langue et à la culture, car il y aurait simplement plus de moyens pour le faire ; ça nécessite une organisation de vouloir déposer ses enfants dans les écoles Diwan tous les matins lorsque l'on doit se rendre au travail à plus de 40 km de chez soi...La diaspora bretonne ne s'est pas faite de gaieté de coeur. On n'a pas eu le choix.
L'expatriation... une raison qui a aussi affaibli la langue bretonne...
(MCM): Mon grand-père maternel, Hyacinthe kêrnilis (1879- 1956) que je n'ai pas connu, était cultivateur à Pont-l'Abbé. Il était aussi écrivain et a publié 2 romans : «Kalon rannet» en 1907 et «Kêr ha mêziou» en 1908. Il a reçu des prix pour ces 2 livres ( Courrier du Finistère ). Il a aussi écrit des contes, des poèmes, des chansons. Il publiait aussi régulièrement des articles dans des revues d'information en breton, souvent catholiques. J'ai repris ces 2 livres pour les montrer à mon fils, mais il ne comprend pas, le vocabulaire utilisé est trop compliqué. Mes parents, non plus, ne peuvent pas comprendre, n'ayant pas appris le breton à l'écrit et ayant un vocabulaire trop pauvre, concernant uniquement la vie courante. Un article a été consacré à mon grand-père dans la revue Cap Caval N 25, si cela t'intéresse je pourrais t'envoyer l'article par mail.
(IL): Merci d'avoir pensé à ce questionnaire. Que ferez-vous des réponses? A-wir galon, ken ar c'hentañ.
(SM): Il est préférable de connaître l'Anglais à l'heure actuelle.
(JYK): Ret eo deomp diskouez eo ar brezhoneg ur yezh a-vremañ ha n'eo ket ur yezh eus an amzerioù kozh.
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(PC): Au-delà de la langue bretonne, j'attends avec impatience la réintégration officielle de la Loire-Atlantique dans la collectivité territoriale de Bretagne. Une Bretagne réunifiée, plus forte, oeuvrera aussi de manière plus efficace pour la réhabilitation et la promotion du breton.
(MP): Des Bretons au Canada apprennent (ré) leur langue. En Louisiane également. Il faut continuer avec force.
(FYG): Je suis désolé de ne pouvoir mieux contribuer à votre étude, j'espère que cela vous aidera dans votre rédaction, je souhaite surtout que votre étude contribue à sauver notre identité, mais comme je vous le dit plus haut, la nation France ne survivra que si elle donne une identité aux peuples qui la composent, sinon elle disparaîtra.
(CI): Je pense que la langue est une partie de notre culture, mais ce n'est pas tout ; Nous avons perdu avec le décès de nos grands-parents et parents l'âme bretonne. C'est trop tard malheureusement
(LG): Je suis contente d'avoir répondu à ce questionnaire; je regrette vraiment de ne pas avoir eu la possibilité de parler le breton avec mes parents qui avaient presque honte de cette langue. Ils m'ont transmis cette honte et ce n'est que depuis une vingtaine d'année que je revendique mon ascendance bretonne (et bigoudène). Retraitée, je suis revenue m'installer en Bretagne.
(RD): Je ne mettrai pas de point final à ce questionnaire sans vous remercier de l'avoir créé, il a été pour moi comme un examen de conscience et aussi à me repositionner sur ce domaine de coeur qu'est notre langue en mal d'amour, car c'est bien de cela qu'il s'agit, mais à mon sens nous pouvons aller ensemble, enfin, tous ceux qui le veulent vers un avenir plus radieux pour Elle, car Elle le mérite, et, Nous aussi. Nous pourrions en reparler peut-être une autre fois ou échanger... Ce sujet est vaste. Encore une fois merci.
(FMD): Je vous remercie d'avoir créé ce questionnaire qui m'aura permis, en essayant d'y inclure quelques pointes d'humour, à des degrés divers, d' exprimer pour la première fois, ce que je ressens sans devoir subir de quolibets ou d'avis contradictoires immédiats. Habituellement , je suis confronté, lors de mes conversations avec des amis Bretons sur ces sujets, soit à des " bourres dedans ", sortes de "Penn Quichotte" militants qui balaient avec une verve étudiée les arguments du pauvre "Jakez Pansa" que je suis, soit à des lettrés détracteurs jacobins et qu' idéalement j'ai plutôt plaisir à fréquenter et dont les joutes enflammées me comblent habituellement de joie mais que ces conversations unilatérales concernant ma culture, m'horripilent . Je sais que mon avis compte peu en général, dans le domaine de notre langue régionale, cela ne m'empêche pas d'avoir sur la question un avis qui ne m'est pas propre j'imagine. Ce que je souhaiterais vraiment c'est qu'on nous laisse le soin de prendre soins de notre langue et que ne s'en mêlent pas les fâcheux de la "Grande" Ville, ceux-là qui tirent toujours la couverture à eux sans tenir compte de dégâts latéraux. Merci encore pour ce questionnaire, j'espère qu'il vous apportera les réponses qu'on attend d'un sondage bien mené ! kenavo , chanz vad dorc'h.
(LT): Bevañ e Jersenez, klask skrivañ d'am mamm e brezhoneg, dizoleiñ ma zud kaer gant ur sell-all ha tomm war ar brezhoneg o deus lakaet ac'hanon da beurzeskiñ betek an deiz a hirio.
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